La chancelière allemande Angela Merkel «éprouve de la compréhension» pour ceux qui manifestent dans la rue contre la crise et le manque de responsabilité de la finance internationale, a déclaré lundi son porte-parole.

Publié le 17 oct. 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«La chancelière peut comprendre personnellement que les gens descendent dans la rue», a indiqué le porte-parole, Steffen Seibert, lors d'une conférence de presse régulière. Elle a «une grande compréhension pour ce sentiment justifié que la finance internationale a trop peu de responsabilités vis-à-vis des gens et de l'économie réelle», a-t-il souligné.

«Le gouvernement prend ces manifestations très au sérieux», a-t-il dit. «Il s'y exprime une préoccupation profonde et une juste exigence d'égalité», a-t-il ajouté, citant le mouvement «Occupy Wall Street» à New York où les «indignés» manifestent depuis un mois.

Ces protestataires manifestent «un sentiment compréhensible» que «dehors ce n'est pas l'économie sociale de marché qui règne».

Au niveau mondial, «on doit admettre qu'il n'a pas encore été possible de mettre en place les règles (d'une économie sociale de marché) qui prévalent dans le capitalisme en Allemagne».

Toutefois, le porte-parole de la chancelière a mis en garde contre une généralisation trop hâtive dans la dénonciation des banques. «Le concept de banque est déjà par lui-même simpliste», a-t-il souligné, évoquant des pratiques et des modèles radicalement différents selon les institutions financières.

Il a également rappelé la vision de Berlin selon laquelle la crise actuelle est due au fait que certains pays «ont vécu pendant des décennies au-dessus de leurs moyens».

Des centaines de milliers de personnes ont défilé ce week-end dans le monde contre les excès du capitalisme.

Quelque 150 à 200 «indignés» campaient encore lundi devant le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort où ils ont passé leur deuxième nuit après une manifestation samedi qui a réuni quelque 5 000 personnes, selon les organisateurs.