Des enquêteurs russes se trouvent en Belgique où ils se livrent à une chasse à l'homme pour retrouver l'assassin de la journaliste russe Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre 2006 à Moscou, a déclaré samedi à l'AFP une source proche de l'enquête.

Mis à jour le 20 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les enquêteurs russes se concentrent depuis octobre sur la ville de Liège, située à l'est de la Belgique, mais après que leur présence eut été connue, une course contre la montre a été engagée, selon plusieurs sources, dont l'une a déclaré que la vie des agents était «en danger».

 

Le quotidien Le Soir, citant des sources judiciaires anonymes, a écrit que le tueur pourrait se cacher en Belgique, et qu'une opération reposant sur des écoutes téléphoniques était en cours.

La télévision belge a rapporté un peu plus tard que trois enquêteurs russes étaient sur le terrain et qu'ils dirigeaient une chasse à l'homme.

Un porte-parole du bureau du Parquet belge interrogé à plusieurs reprises par l'AFP samedi a refusé de commenter ces informations.

Une deuxième enquête judiciaire a été ouverte à la suite d'une requête en octobre dernier de la Russie, après une première enquête, il y a deux ans, également à la demande des autorités russes, qui s'était soldée par l'acquittement de trois personnes.

La justice russe a prolongé le 6 octobre l'enquête, qui, selon les défenseurs des droits de l'homme, est plus que jamais dans l'impasse.

Anna Politkovskaïa, l'une des rares personnes en Russie à dénoncer les exactions en Tchétchénie, et une critique acerbe du régime de Vladimir Poutine, alors président, a été tuée par balle dans le hall de son immeuble moscovite.

Vladimir Poutine, aujourd'hui premier ministre, avait alors jugé «insignifiante» l'influence de la journaliste, soulignant que son meurtre «nuisait plus au pouvoir en Russie et en Tchétchénie (...) que ses publications».