L'Allemagne a commémoré mardi l'attentat manqué contre Adolf Hilter perpétré il y a 66 ans par des officiers de la Wehrmacht à Rastenburg (dans l'actuelle Pologne).

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le ministre de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, a rendu hommage aux auteurs de cette tentative de coup d'État dans la cour du Bendlerblock, l'ancien centre de commandement des armées du IIIe Reich à Berlin.

C'est là que le «cerveau» de l'opération «Walkyrie», Claus Schenk von Stauffenberg, et trois autres conjurés furent exécutés le soir même de l'attentat, le plus spectaculaire auquel le Führer a échappé.

Ces conjurés ont «montré qu'il y a eu dans les plus sombres moments de la dictature une autre, une meilleur Allemagne», a déclaré M. zu Guttenberg.

La chancelière Angela Merkel a assisté dans la soirée, aux côtés du ministre, à la prestation de serment d'environ 420 soldats devant le Reichstag, siège du Bundestag (chambre basse du parlement). Ce rituel annuel est destiné depuis 1999 à symboliser le fait que l'obéissance aux ordres a ses limites et que l'armée allemande est commandée par les députés.

L'armée allemande reconnaît «que la liberté et le droit méritent la protection de l'État», a dit M. zu Guttenberg devant les jeunes recrues.

«Les femmes et les hommes de la résistance ont, par leur action, fixé des mesures éthiques et sont ainsi devenus des modèles», a déclaré pour sa part le maire de la capitale allemande, Klaus Wowereit.

«Jamais auparavant, il n'y eut un pareil soulèvement en faveur de la libération, du droit et de la dignité humaine», a pour sa part observé Fritz Stern, un historien américain d'origine allemande dont la famille avait émigré aux États-Unis.

Un ancien officier de la Wehrmacht, Ewald-Heinrich von Kleist, qui avait été détenu au camp de concentration de Ravensbrück, en Allemagne, pour avoir soutenu le coup d'État raté, a expliqué que la motivation principale des conjurés était de «vouloir mettre fin aux crimes épouvantables» du nazisme.

Le 20 juillet 1944, des officiers de la Wehrmacht, dont le charismatique comte von Stauffenberg, avaient, en liaison avec des réseaux de résistants civils composés de groupes politiques conservateurs et de gauche ainsi que des syndicalistes, tenté d'éliminer Hitler à Rastenburg, en Prusse Orientale, pour renverser le régime nazi.

Le Führer avait été blessé par l'explosion et les principaux auteurs de l'attentat autour de von Stauffenberg, le général Friedrich Olbricht, le colonel Albrecht Ritter Mertz von Quirnheim et le lieutenant en chef Werner von Haeften avaient été arrêtés peu après puis exécutés.

L'échec de cet attentat a reporté de près de dix mois la fin du IIIe Reich et alourdi considérablement son bilan de millions de victimes, juives, allemandes, soviétiques et alliées.

Le complot du 20 juillet 1944 a été relaté dans un film de Bryan Singer, «Walkyrie», avec Tom Cruise dans le rôle du colonel Claus von Stauffenberg.