Les violences se sont poursuivies dans un quartier de Grenoble (centre-est) avec des tirs contre des policiers et une quinzaine de voitures incendiées dans la nuit de samedi à dimanche, à la suite de la mort d'un jeune braqueur abattu par les policiers, a indiqué la police.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Les violences avaient commencé dans la nuit de vendredi à samedi après la mort d'un braqueur de casino abattu lors d'un échange de tirs avec la police dans le quartier de la Villeneuve, où la thèse de la légitime défense des policiers est contestée.

Plus émaillées, elles se sont poursuivies dans la nuit de samedi à dimanche dans ce quartier populaire dont est originaire le braqueur: une quinzaine de voitures ont été incendiées et pour la deuxième nuit consécutive des tirs à balles réelles ont visé les policiers mobilisés en nombre.

«On a relevé un impact de balle sur un véhicule (...) et on s'est fait tirer dessus à deux ou trois reprises», a déclaré la directrice départementale de la sécurité publique de l'Isère, Brigitte Jullien.

La police avait essuyé de premiers coups de feu la veille et avait riposté pour certains à balles réelles pour d'autres avec des armes dotées de munitions en caoutchouc ou des flash-balls, selon des sources policières.

Quatre hommes soupçonnés d'être les auteurs des tirs lors de la première nuit de violence ont été interpellés dimanche à l'aube. Onze autres personnes ont été interpellées pour des violences commises la nuit dernière.

Karim Boudouda, 27 ans, est mort à l'issue d'une course-poursuite avec la police après le braquage armé du casino.

Le parquet a conclu que les policiers avaient tiré en état de légitime défense, en réponse aux coups de feu du jeune homme. L'inspection générale de la police a été saisie d'une enquête.

La mère du jeune homme, Saliya Boudouda, a annoncé dimanche son intention de porter plainte pour éclairer les circonstances de la mort de son fils: «Ils ont déconné les flics (...) Je vais voir le procureur et je vais porter plainte».

Dimanche, Mme Boudouda a lancé un «appel au calme».

En novembre 2007, deux jours d'émeutes entre forces de l'ordre et jeunes en banlieue parisienne avaient été déclenchées par la mort de deux adolescents, tués lors d'une collision entre leur moto et une voiture de police. Deux ans plus tôt, les banlieues françaises s'étaient embrasées après la mort de deux jeunes poursuivis par la police.