L'Afghanistan, l'enquête sur la catastrophe à Smolensk et la fécondation in vitro, ont été au centre du premier débat télévisé entre les deux candidats à la présidence polonaise Jaroslaw Kaczynski et Bronislaw Komorowski à une semaine du second tour du scrutin du 4 juillet.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le conservateur Jaroslaw Kaczynski a cherché à rompre avec son ancienne image de batailleur et à se montrer sous les traits d'un homme de réconciliation et de compromis, qu'il a adoptés depuis la catastrophe de Smolensk (ouest de la Russie) dans laquelle a péri son frère jumeau.

L'élection présidentielle est organisée à la suite de la mort du président Lech Kaczynski dans l'accident de son avion qui s'est écrasé à Smolensk le 10 avril en tentant d'atterrir par un épais brouillard.

Le libéral Bronislaw Komorowski s'est montré plus agressif vis-à-vis de son rival, pour rompre à l'inverse avec son image d'homme trop conciliant et sans charisme.

Il a aussi courtisé les électeurs de gauche en faisant passer des messages clairs sur l'Afghanistan et la fécondation in vitro, des questions que le parti social-démocrate veut voir réglées en Pologne.

M. Komorowski qui prône le retrait des soldats polonais d'Afghanistan a jugé les missions militaires de la Pologne à l'étranger trop coûteuses, et s'est opposé «à une politique expéditionnaire».

«Ayons pour objectif que la Pologne soit traitée comme un grand peuple européen, car c'est dans l'intérêt de la Pologne dans son ensemble et dans l'intérêt de chaque Polonais, et une politique minimaliste ne peut mener à cela», a rétorqué M. Kaczynski.

Sur la catastrophe de Smolensk, M. Kaczynski a, à demi-mot, nourri les thèses du complot, populaires auprès de ses électeurs, en accusant la Russie de faire piétiner l'enquête.

«Les progrès de l'enquête sont infimes, l'enquête piétine, et c'est une façon délicate de dire les choses», a déclaré M. Kaczynski, «les enquêteurs polonais ne reçoivent pas de la Russie des documents indispensables».

M. Komorowski a en revanche appelé à ne pas créer «un climat de méfiance» et de donner une chance aux procureurs russes.

Le candidat conservateur a estimé qu'il fallait «parler avec Moscou» des violations des droits de l'Homme au Bélarus, en particulier à l'encontre de la minorité polonaise, des propos que son rival n'a pas manqué de mettre à profit.

«C'est une idée politique inouïe», a rétorqué M. Komorowski.

«Je ne suis absolument pas d'accord avec cela car c'est absolument contraire aux intérêts nationaux de la Pologne et ce n'est d'une façon générale pas admis en politique internationale», a-t-il ajouté, «c'est comme si les Bélarusses devaient discuter des questions polonaises avec la Russie ou Berlin».

Selon un sondage en ligne réalisé par la chaîne d'information en continu la télévision TVN24, 63% des 265 000 internautes ayant voté estiment que c'est M. Komorowski qui a gagné le débat, contre 27% qui pensent que la victoire est du côté de Kaczynski.

Mercredi, un deuxième et dernier débat avant le scrutin de dimanche est prévu.