Quatre personnalités belges, dont deux anciens Premiers ministres, Jean-Luc Dehaene et Guy Verhofstadt, ont appelé vendredi à un retrait des quelque 240 bombes atomiques américaines encore entreposées en Europe, notamment en Belgique, comme il est prévu en Allemagne.

Mis à jour le 19 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Deux anciens ministres des Affaires étrangères, le libéral francophone Louis Michel et le socialiste flamand Willy Claes, qui fut aussi secrétaire général de l'Otan, cosignent cet appel, aux côtés de M. Dehaene, un chrétien-démocrate, et de M. Verhofstadt, actuel chef du groupe libéral au Parlement européen, dans une tribune libre publiée par les quotidiens Le Soir, De Standaard et Het Nieuwsblad.

«La Guerre froide est terminée. Il est temps d'adapter notre politique nucléaire aux circonstances nouvelles», écrivent les quatre auteurs du texte intitulé «Vers un monde sans armes nucléaires», et pour qui «l'engagement du président américain Barack Obama en vue d'éliminer toutes les armes nucléaires mérite un soutien urgent».

«Les armes nucléaires tactiques américaines en Europe ont perdu toute importance militaire», ajoutent-ils.

«Nous appelons notre gouvernement à suivre l'exemple du gouvernement allemand et à plaider au sein de l'Otan pour un retrait rapide des armes nucléaires», écrivent encore les quatre responsables.

Il reste, selon des experts, autour de 20 bombes largables par avion à la base belge de Kleine Brogel (Flandre, nord), et il y en aurait un nombre équivalent en Allemagne, à Büchel (Rhénanie-Palatinat, sud-ouest).

L'Italie et la Turquie en abriteraient chacune environ 90.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a demandé le 3 novembre que la décision de retrait des dernières bombes atomiques américaines sur le sol allemand soit prise dans le cadre multilatéral de l'Otan et non unilatéralement.

Cette mesure est inscrite au programme de gouvernement de coalition libéral/chrétien-démocrate de la chancelière Angela Merkel.

La décision devra être prise par les alliés au sein notamment du Groupe des plans nucléaires de l'Otan, structure compétente sur les questions atomiques depuis les années de la Guerre froide, dont seule la France est absente.