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La polémique enfle sur les défaillances des constructions

La plupart des maisons et bâtiments ont fini... (Photo: Reuters)

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La plupart des maisons et bâtiments ont fini en poussière après le séisme.

Photo: Reuters

Agence France-Presse
Rome

La polémique enflait jeudi en Italie sur les graves défaillances des constructions en zone sismique, révélées tragiquement par le séisme de lundi qui a provoqué l'effondrement de plusieurs milliers de bâtiments et maisons, entraînant la mort de près de 300 personnes.

Le pays a été invité à faire son «examen de conscience» par le chef de l'Etat Giorgio Napolitano, qui a mis en cause le non-respect des normes de construction antisismique et des retards de la législation.

Dénonçant une «irresponsabilité partagée» entre constructeurs, inspecteurs, vendeurs et acheteurs, M. Napolitano a estimé que personne ne devait «fermer les yeux».

De nombreux immeubles de construction récente se sont effondrés totalement ou en partie à l'Aquila, et en particulier des bâtiments publics, dont un hôpital, la préfecture, le siège de la province ou l'Université.

Selon les experts, la législation sur la construction en zone sismique, qui date de 1974, et a été actualisée en 1996, n'a pas toujours été respectée.

«Le même tremblement de terre en Californie n'aurait pas provoqué la mort d'une seule personne», estime Franco Barberi, responsable de la commission parlementaire sur les risques majeurs dans le quotidien Il Corriere della Sera.

Le fait que «même des bâtiments récents, qui auraient dû être construits selon les normes antisismiques aient subi des dégâts invraisemblables» démontre que les «contrôles» n'ont pas été suffisants, poursuit-il.

Le parquet de L'Aquila, épicentre du séisme, a ouvert une enquête pour rechercher d'éventuelles responsabilités dans la catastrophe.

Les normes sur la construction en zone sismique ont été durcies en 2005 après un séisme qui avait fait 30 morts, dont 27 enfants, en 2002 dans le Molise, région limitrophe des Abruzzes.

Mais, à l'automne dernier, après un premier report par le gouvernement de gauche de Romano Prodi, celui de Silvio Berlusconi a repoussé leur entrée en vigueur à juin 2010.

«Nous étions informés sur les secousses sismiques depuis trois mois», a déploré la présidente de la province de L'Aquila, Stefania Pezzopane, dans une interview à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

«Même si les chercheurs disent que l'on ne peut pas prévoir les séismes, nous savons que les Abruzzes se trouvent dans une zone d'activité sismique. Mais les bâtiments ne sont pas construits de façon à résister aux tremblements de terre», a-t-elle ajouté.

Luca d'Innocenzo, un des responsables du foyer d'étudiants de l'Aquila qui s'est écroulé comme un château de cartes lundi, entraînant la mort de plusieurs personnes, dénonce aussi l'absence de contrôle.

«Aucun responsable de la Région, de la protection civile, des pompiers n'est venu nous voir durant les trois derniers mois», alors que près de 400 secousses ont eu lieu, a-t-il affirmé à La Repubblica.

Selon une première estimation gouvernementale, 1,3 milliard d'euros seront nécessaires pour la reconstruction des quelque 10.000 édifices et maisons qui ont été endommagés.

Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le risque que la mafia ne s'infiltre dans le marché juteux de la reconstruction.

«L'après-séisme sera la phase la plus délicate (...) Les appétits seront grands et il devrait y avoir de nombreuses tentatives d'infiltration» de la part des organisations criminelles, prévient un syndicaliste Gianfranco Giorgi dans le quotidien économique Il Sole 24 Ore.

Silvio Berlusconi a de son côté assuré que la reconstruction sera supervisée par le ministère de l'Economie dans la «transparence la plus totale».




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