Le père incestueux autrichien Josef Fritzl a décrit lundi son enfance difficile aux côtés de sa mère célibataire, qui ne voulait pas de lui et qui le battait, à l'ouverture de son procès devant la cour d'assise de Sankt-Pölten, à 60 km à l'ouest de Vienne.

AGENCE FRANCE-PRESSE

 «J'ai eu une enfance très dure», a expliqué l'accusé, âgé de 73 ans, devant les trois juges et huit jurés lorsqu'il a été prié de décrire les différentes étapes de sa vie.

Il a rappelé qu'il n'avait pas été un enfant désiré: «Ma mère ne voulait pas de moi. Elle avait déjà 42 ans. Elle ne voulait tout simplement pas d'enfant et m'a donc traité en conséquence. J'ai été battu», a-t-il relaté d'une voix calme. Il a ajouté qu'il s'était souvent caché sous la machine à coudre de sa mère ou un tas de bois dans l'appartement familial.

A l'âge de douze ans, il a annoncé à sa mère qu'il ne tolèrerait plus d'être ainsi battu et qu'il se défendrait dorénavant. «A partir de là, j'étais un Satan pour elle», a-t-il indiqué en ne se rappelant pas avoir jamais eu «des relations un tant soit peu proches» avec elle. Sa mère a néanmoins vécu jusqu'à sa mort en 1980 dans la même maison que Fritzl.

Quant au père, il n'a fait «que des apparitions sporadiques».

Josef Fritzl a tenté d'expliquer la dureté de sa mère envers lui par sa propre enfance à elle: «Sa vie n'a pas non plus été la plus belle. Elle a grandi dans une ferme et a dû travailler dès l'âge de huit ans», a-t-il noté.

Josef Fritzl a plaidé coupable des chefs d'accusation d'inceste, de viols et de séquestration, mais a récusé les accusations de meurtre et esclavage pour avoir enfermé et violé sa fille 24 ans dans la cave de sa maison où sont nés sept enfants de l'inceste. L'un est mort faute de soins en 1996.