(Bruxelles) Les alliés de l’OTAN ont annoncé mercredi leur décision de commencer le retrait de leurs forces engagées dans la mission en Afghanistan d’ici le 1er mai pour le terminer « en quelques mois », dans un communiqué de l’Alliance.

Agence France-Presse

« Les Alliés ont décidé que nous commencerons le retrait des forces de la mission “Resolute Support” d’ici le 1er mai. Ce retrait sera ordonné, coordonné et délibéré. Nous prévoyons que le retrait de toutes les forces américaines et de celles de la mission sera terminé en quelques mois », précise le communiqué publié après les annonces du président américain Joe Biden.

« Nous ne pensons pas que le maintien d’une présence militaire indéfinie en Afghanistan soit dans notre intérêt, ni dans celui des États-Unis, ni dans celui de l’OTAN et de nos alliés », a expliqué le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken au cours d’une conférence de presse au siège de l’Alliance avec le secrétaire à la Défense Lloyd Austin et le patron de l’OTAN Jens Stoltenberg.

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Des soldats de l’armée allemande dans un camp en Afghanistan le 25 mars 2018.

Les alliés ont donné leur soutien à la décision américaine au cours d’une visioconférence qui a réuni les ministres des Affaires étrangères et les ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN. Leur communiqué ne mentionne pas la date du 11 septembre pour la fin du retrait annoncée par Joe Biden.

« Les ministres ont décidé de mettre un terme à la mission Resolute Support, en visant un retrait complet pour le 11 septembre 2021 », a cependant précisé le chef de la diplomatie du Luxembourg Jean Asselborn. Le Grand Duché a engagé 2 militaires en Afghanistan.

« Ce n’est pas une décision facile à prendre. Et elle comporte des risques », a souligné Jens Stoltenberg.

« Comme je le dis depuis de nombreux mois, nous sommes confrontés à un dilemme. Car l’alternative à un départ en bon ordre est de se préparer à un engagement militaire à long terme, sans limite, avec potentiellement plus de troupes de l’OTAN », a-t-il expliqué.

Certains alliés ont toutefois fait part de leurs préoccupations.  

« L’annonce de notre retrait militaire à quelques jours de la conférence de paix sur l’Afghanistan prévue pour le 24 avril à Istanbul pourrait avoir pour conséquence de diminuer la pression sur les talibans, dès lors potentiellement moins enclins à chercher à dégager un accord » avec le gouvernement afghan, a estimé la ministre des Affaires étrangères de la Belgique Sophie Wilmès. La Belgique a engagé 72 militaires en Afghanistan dans l’opération « Resolute Support ».

La position exprimée par la Belgique est partagée par plusieurs membres de l’OTAN, a-t-on indiqué de source diplomatique.

Affirmant avoir « rempli l’objectif » en Afghanistan, le président Joe Biden a promis que le départ des troupes américaines d’ici le 11 septembre ne serait pas « précipité », et a exhorté les talibans à tenir « leur engagement » à ne pas menacer les États-Unis.

« Toute attaque des talibans contre les troupes des alliés durant le retrait fera face à une réponse énergique », avertit l’OTAN dans son communiqué.

« Nous continuerons à soutenir » le processus de paix en Afghanistan et nous « saluons » la conférence de paix d’Istanbul qui doit se tenir entre le 24 avril et le 4 mai comme « une opportunité de faire avancer » ce processus, poursuit le communiqué.

Les pays les plus engagés en Afghanistan sont les États-Unis, l’Allemagne, la Turquie, le Royaume-Uni et l’Italie. Ces cinq pays ont déployé 6000 des 9592 militaires engagés par 36 pays membres de l’OTAN et partenaires comme l’Ukraine (10 militaires) dans l’opération de l’OTAN « Resolute Support ».