(Washington) La défense de Donald Trump s’est attaquée lundi à Joe Biden et à son fils Hunter pour tenter de démontrer que le président américain était dans son bon droit en demandant à l’Ukraine d’enquêter sur eux, une requête au centre de son procès en destitution au Sénat.

Agence France-Presse

M. Trump est accusé d’avoir conditionné le versement d’une aide militaire cruciale à l’annonce par Kiev d’enquêtes sur le démocrate Joe Biden, son potentiel adversaire à la présidentielle de novembre, et sur son fils. Hunter Biden a siégé entre 2014 et 2019 au conseil d’administration de la société gazière Burisma, un temps visée par des enquêtes pour corruption.

La défense de M. Trump a suggéré lundi que l’ancien vice-président américain, qui supervisait alors la politique de Washington à l’égard de Kiev, avait demandé et obtenu la tête du procureur général ukrainien pour protéger l’employeur de son fils.  

Hunter Biden a été embauché par Burisma alors qu’il n’avait « ni expertise, ni expérience » dans l’industrie du gaz ou la loi ukrainienne, a affirmé Eric Herschmann, l’un des avocats du président.

« Pourquoi Burisma voulait-il Hunter Biden à son conseil d’administration ? C’était le fils de l’homme chargé de l’Ukraine », a lancé M. Herschmann.

Pam Bondi, une autre membre de l’équipe de M. Trump, a aussi souligné que « tous les témoins » entendus lors de l’enquête en destitution « étaient d’accord sur l’apparence possible d’un conflit d’intérêts » concernant la présence d’Hunter Biden au sein de la compagnie quand son père était vice-président.

Elle a estimé que le dossier d’accusation « s’effondrait » dès qu’on admettait que les inquiétudes de M. Trump étaient légitimes.

AP

Eric Herschmann, l’un des avocats de Donald Trump.

Selon des documents bancaires montrés par Mme Bondi, Hunter Biden a notamment reçu plus de 83 000 dollars par mois pendant 17 mois.

Les élus démocrates, qui représentent l’accusation pour ce procès historique, ont rappelé à plusieurs reprises qu’Hunter Biden n’avait jamais fait l’objet de poursuites et que l’ensemble du monde occidental demandait le limogeage de l’ex-procureur général ukrainien, jugé trop passif face à la corruption.

Les avocats de la défense « espèrent arriver avec ce procès là où ils ont échoué à travers leur combine en ne pouvant pas forcer l’Ukraine à salir les Biden », avait lancé vendredi le chef des procureurs démocrates, Adam Schiff.

Hunter Biden a récemment reconnu une erreur de jugement lors de la seule interview qu’il a accordée sur cette affaire.