(Washington) Alors que les États-Unis viennent de traverser l’une de leurs pires semaines d’épidémie de COVID-19, les responsables sanitaires alertaient dimanche sur la nécessité de respecter les gestes barrières et notamment le port du masque, au lendemain d’un nouveau rassemblement de Donald Trump où très peu de ses partisans en avaient.

Agence France-Presse

« J’entends des gens répéter comme des perroquets que les masques ne fonctionnent pas, […] que les grands rassemblements ne débouchent pas sur des évènements super-propagateurs », s’est désolée la Dre Deborah Birx, coordinatrice de la cellule de crise sur le coronavirus de la Maison-Blanche. « Ils ont tort. »

« Nous avons des gouverneurs et des maires qui ont un nombre de cas équivalent à ce qu’ils avaient durant l’été, mais qui ne poussent pas les mêmes politiques qu’à l’époque, dont ils savent qu’elles ont changé l’évolution de la pandémie », a-t-elle regretté.  

« C’est très décevant », a-t-elle asséné, parlant du « pire évènement de santé publique » pour le pays.  

Sans critiquer ouvertement le président, Mme Birx s’exprimait néanmoins au lendemain d’un rassemblement du milliardaire républicain, qui s’est rendu samedi soir dans l’État américain de Géorgie pour faire campagne dans le cadre d’une élection sénatoriale.  

L’immense majorité de ses partisans, serrés épaule contre épaule en plein air pour l’écouter, ne portaient pas de masques. Et le président, qui ne s’est lui-même que très rarement affiché avec cette protection, n’a que peu évoqué le virus durant ses près de deux heures de discours.  

PHOTO ANDREW CABALLERO-REYNOLDS, AGENCE FRANCE-PRESSE

Donald Trump a tenu un rassemblement à l'aéroport régional de Valdosta, en Géorgie, samedi.

Les États-Unis sont pourtant confrontés à une flambée de l’épidémie sans précédent : ils battent depuis trois jours consécutifs le record absolu de nouveaux cas en 24 heures, avec près de 230 000 contaminations recensées entre vendredi et samedi soir.

Et ils déplorent plus de 2500 morts en 24 heures depuis cinq jours – du jamais vu, même au pire du pic épidémique du printemps. Plus de 100 000 personnes malades du coronavirus sont actuellement hospitalisées à travers le pays, un niveau qui n’avait encore jamais été atteint.

« Le futur sera sombre ces six prochaines semaines », a déclaré dimanche sur CBS l’influent ancien chef de l’Agence des médicaments, Scott Gottlieb. « Les gens doivent se protéger », a-t-il ajouté, prédisant un possible bilan de 400 000 morts fin janvier (280 000 décès à l’heure actuelle).   

« Les deux prochains mois seront très probablement aussi mauvais ou pires » que les deux derniers, a averti dimanche sur Twitter l’ancien directeur des Centres de lutte contre les maladies (CDC), Tom Frieden.  

Vendredi, les CDC ont recommandé pour la première fois « l’usage universel » du masque, c’est-à-dire, dès la sortie de chez soi, en intérieur comme en extérieur.

« Les États-Unis sont entrés dans une phase de transmission de haut niveau », ont acté les CDC.