(Washington) Donald Trump a affirmé jeudi qu’il agirait par décret pour venir en aide aux millions d’Américains menacés d’expulsion et frappés par le chômage, si les négociations pour parvenir à un nouveau plan de soutien à l’économie, ravagée par la pandémie de COVID-19, restaient paralysées au Congrès.

Agence France-Presse

« En partant pour l’Ohio, j’ai signifié à mon équipe qu’elle continue de travailler sur un décret concernant des coupes dans les charges salariales, la protection contre les expulsions, des prolongements de (l’allocation, NDLR) chômage et le remboursement des dettes étudiantes », a écrit le président américain en partance pour un voyage officiel.

Il a ensuite précisé devant les journalistes à la Maison-Blanche qu’il pourrait signer ce décret « probablement demain après-midi » ou samedi matin, si aucun accord n’était trouvé d’ici là au Congrès.  

« Je vais le faire, oui […]. Je vais le faire concernant les expulsions », avait affirmé plus tôt Donald Trump, à propos d’un décret pour protéger les locataires, sur la radio WTAM 1100.  

Le Congrès avait approuvé en mars un plan titanesque de 2200 milliards de dollars pour relancer l’économie, qui incluait notamment une allocation chômage fédérale de 600 dollars par semaine, en plus de celles allouées par les États, et un moratoire pour empêcher les expulsions de millions d’Américains ne pouvant plus payer leur loyer. Mais ces mesures sont arrivées à terme fin juillet.  

Tendues par l’échéance de la présidentielle américaine dans moins de trois mois, les négociations pour parvenir à un nouveau plan de soutien restent infructueuses après deux semaines de réunions quotidiennes.  

« Nous sommes encore à des milliers de milliards de dollars » de différence entre les plans de soutien proposés jusqu’ici par les démocrates et les républicains, avait déploré son chef de cabinet Mark Meadows mercredi.

« Des progrès »

Les parlementaires républicains ont présenté fin juillet une enveloppe de 1000 milliards de dollars, tandis que les démocrates avaient adopté dès mai, à la Chambre, leur propre projet de loi qui s’élève à 3000 milliards de dollars.

Parmi les grands points de désaccords figure l’allocation chômage.  

Pour certains républicains, ce chèque décourage les chômeurs de chercher un emploi et ils proposent donc de l’abaisser à 200 dollars. La Maison-Blanche négocie une enveloppe plus élevée, d’environ 400 dollars, mais les démocrates ont réaffirmé jeudi vouloir 600 dollars.  

Au total, 32 millions de personnes en bénéficiaient mi-juillet. À la même époque l’an passé, 1,7 million d’Américains touchaient une aide pour le chômage.

La Maison-Blanche négocie pour l’instant directement avec les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants. Mais tout accord devra ensuite satisfaire les républicains, qui contrôlent le Sénat mais sont divisés sur le sujet d’un nouveau plan d’aide.  

« Nous avons fait des progrès, nous avançons de façon positive mais nous ne sommes pas encore parvenus » à un accord, a déclaré jeudi la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi.

« Nous sommes inquiets car nous pensons que cette administration (Trump, NDLR) et les républicains ne comprennent pas la gravité de la situation », a-t-elle ajouté.  

Interrogée sur un possible décret présidentiel, elle a répondu : « La seule chose que le président puisse faire est de prolonger le moratoire, et cela serait une bonne chose, à condition qu’il y ait un budget pour l’accompagner ».  

Les républicains accusent eux les démocrates de refuser d’avancer vers un accord par calcul politique avant l’élection, soucieux de ne pas offrir une victoire à Donald Trump.