Le secrétaire à la Défense américain Robert Gates a estimé mardi qu'une action militaire contre l'Iran ne parviendrait pas à empêcher Téhéran de poursuivre son programme nucléaire controversé.

Mis à jour le 17 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Gates a déclaré que l'option militaire n'offrirait qu'une «solution à court terme» au problème, lors d'une conférence organisée par le Wall Street Journal.

De plus, frapper l'Iran pourrait pousser la République islamique à cacher encore davantage ses activités, selon M. Gates. Ils «s'enterreraient et dissimuleraient encore plus» leur programme nucléaire, a-t-il estimé.

Le groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) qui suit le dossier nucléaire iranien soupçonne Téhéran de vouloir acquérir la bombe nucléaire sous le couvert d'un programme civil. L'Iran dément avoir cet objectif.

Des frappes contre l'Iran «unifieraient une nation divisée, ils tenteraient par tous les moyens d'obtenir des armes nucléaires», a ajouté Robert Gates.

Pour le secrétaire à la Défense, qui s'est déjà exprimé en ce sens le 8 novembre lors d'un déplacement en Australie, la diplomatie et les sanctions économiques sont la meilleure façon de persuader Téhéran de renoncer à son programme d'enrichissement d'uranium.

«La seule solution à long-terme pour éviter d'avoir un Iran doté d'armes nucléaires est que les Iraniens se rendent compte que ce n'est pas leur intérêt», a jugé M. Gates.

Selon lui, il y a des signes montrant que le dernier train de sanctions économiques imposé au régime iranien frappe durement le pays et a créé des tensions entre le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et le président Mahmoud Ahmadinejad.

«Nous avons des indications montrant que M. Khamenei commence à se demander si M. Ahmadinejad ne lui ment pas sur l'impact des sanctions sur l'économie», a-t-il affirmé.

Si les Iraniens ont toujours l'intention de poursuivre leur programme nucléaire, ils sont «surpris par l'impact des sanctions», a ajouté M. Gates, estimant que ces dernières les avaient «vraiment frappés plus durement qu'ils n'avaient prévu».

Les États-Unis ont appelé Téhéran à revenir à la table des négociations, interrompues depuis un an, avec le groupe des Six. L'Iran a demandé le 7 novembre que la reprise des négociations ait lieu en Turquie, considérée par Téhéran comme un allié dans ce dossier.

Au printemps, la Turquie et le Brésil avaient conclu un accord avec l'Iran sur un échange de combustible nucléaire, proposition ensuite rejetée par les États-Unis.