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L'armée ukrainienne se prépare à faire reculer son artillerie

L'armée ukrainienne affirme avoir commencé à mettre en... (PHOTO ANATOLII STEPANOV, ARCHIVES AFP)

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L'armée ukrainienne affirme avoir commencé à mettre en oeuvre les neuf points du mémorandum de Minsk, signé samedi par Kiev et la rébellion, et qui prévoit la création d'une zone tampon de 30 km le long de la ligne de front, une interdiction de survol des régions séparatistes et le recul des pièces d'artillerie des deux camps.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Karim TALBI, Olexandre SAVOCHENKO, Michel MOUTOT
Agence France-Presse
KIEV et DONETSK

L'armée ukrainienne se préparait à reculer ses canons de la ligne de front, nouvelle étape dans la démilitarisation après l'instauration d'une trêve globalement respectée lundi et avant d'aborder les difficiles négociations sur le statut des régions russophones de l'Est.

L'arrêt des combats n'est certes pas total, deux soldats ukrainiens ayant été tués ces dernières 24 heures, mais la situation sur le terrain s'est nettement améliorée et le nombre des civils tués dans des bombardements a diminué ces derniers jours.

Signe de l'accalmie, des convois d'aide russe et ukrainien ont pu parvenir pendant le week-end à Donetsk et à Lougansk. Et pour la première fois depuis le 26 juillet, un train en provenance de Kiev a atteint Lougansk lundi.

Après la signature, samedi à Minsk, d'un plan de paix en neuf points gelant la ligne de front et décrétant la mise en oeuvre d'une zone tampon de 30 km de large le long de celle-ci, les belligérants multiplient les déclarations apaisantes.

Le président ukrainien Petro Porochenko s'est d'abord félicité dimanche soir d'une «désescalade». Il a également souligné que le règlement du conflit ne passait pas uniquement par une solution militaire, rappelant que «plus il y aurait de groupes tactiques ou de bataillons de l'armée ukrainienne (dans les régions séparatistes), plus il y aurait de troupes russes sur place».

Il a toutefois prévenu les séparatistes et la Russie que son pays serait prêt à se défendre militairement si le processus de paix échouait.

Côté séparatiste, un des dirigeants de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR), Andreï Pourguine, a jugé réelles les «chances» que soit appliqué le plan de paix.

«Les accords vont être réalisés, mais avec grande difficulté», a dit au téléphone à l'AFP le «vice-premier ministre» de la DNR.

«Montrez-moi un conflit qui a pris fin juste avec la signature d'un document. Cela n'existe pas. Mais le mouvement est lancé, il se poursuit et il va se poursuivre», a souligné M. Pourguine.

Aucun tir en provenance de Russie

Pour sa part, l'armée ukrainienne a annoncé commencer la mise en oeuvre des dispositions du plan de paix qui, outre la zone tampon, prévoit une interdiction du survol des régions séparatistes et le recul des pièces d'artillerie des deux camps.

«Nous nous préparons à reculer l'armement lourd à 15 km» de la ligne de front, a assuré le porte-parole de l'armée, Andriï Lyssenko.

Au cours des dernières 24 heures, «nous n'avons pas constaté de violations de la frontière ukrainienne ni de notre espace aérien» par la Russie, s'est par ailleurs félicité M. Lyssenko.

«De même, il n'y a pas eu de tirs en provenance du territoire russe, ce qui illustre la mise en oeuvre pratique (par la Russie) des points du plan de paix adopté à l'initiative du président ukrainien», a-t-il dit.

Mais après cinq mois d'un conflit qui a fait près de 2900 morts et a mené à une crispation sans précédent depuis la fin de la Guerre froide entre Russes et Occidentaux, le règlement de la crise déclenchée en novembre 2013 par un mouvement de protestation pro-européen à Kiev ayant conduit à la chute du président Viktor Ianoukovitch, puis à une annexion de facto de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie et au réveil des séparatismes prorusses dans l'Est ne semble pas aisé.

Ni indépendance de l'Est ni fédéralisme

Après le volet militaire restera le problème du statut des régions séparatistes qui devait être négocié à Minsk, mais n'a pas été évoqué.

Les rebelles ont pour l'instant ignoré les propositions de Kiev en vue d'une plus grande autonomie pendant trois ans dans les zones sous leur contrôle, de l'organisation d'élections locales le 7 décembre et d'une amnistie sous conditions pour les combattants.

Le «dirigeant» de la République autoproclamée de Lougansk, Igor Plotnitskiï, a estimé lundi que les autorités de Kiev reconnaissaient de facto l'indépendance de sa «république».

«Qu'elles (les autorités de Kiev) appellent cela un statut spécial si elles le veulent, mais si les lois ukrainiennes ne s'appliquent pas dans une région, c'est de facto une reconnaissance de notre indépendance, simplement avec d'autres mots», a-t-il ajouté. Pour sa part, Kiev rappelle son rejet de toute «indépendance» et de tout «fédéralisme».




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