Pionnier du soccer québécois, Antoine Craan a vécu une quarantaine d'années à Montréal avant de retourner vivre en Haïti, il y a quinze ans. Ses proches se souviendront d'un homme humble qui s'est consacré corps et âme à son sport.

Catherine Handfield LA PRESSE

Natif de Port-au-Prince, M. Craan a immigré au Canada en 1955, alors qu'il était âgé de 24 ans. Il s'est joint à l'équipe de soccer «Le Tricolore de Montréal». Il était à l'époque l'un des deux seuls joueurs de soccer professionnel noirs de la province.

Des années 1960 jusqu'à son départ, Antoine Craan a travaillé pour la Ligue de Soccer mineur à Montréal. Il est ensuite devenu le premier directeur technique de la Fédération de soccer du Québec, où il a fait sa marque comme formateur d'arbitres et d'entraîneurs. En 2001, il été intronisé au Temple de la renommée du soccer québécois.

«Mon père a donné sa vie pour le soccer, se souvient sa fille, Caroll-yn Craan, jointe à Montréal. C'était une boule d'énergie. Il n'arrêtait jamais de travailler.»

En Haïti, Antoine Craan était directeur de l'École fédérale de l'arbitrage de football. L'homme de 78 ans était d'ailleurs dans son bureau quand le séisme Haïti. Il a réussi à sortir de l'immeuble. Mais arrivé à sa résidence de Canapé Vert, non loin de Port-au-Prince, un bloc de béton s'est affaissé sur lui.

Père de huit enfants, Antoine Craan s'était remarié l'an dernier. Sa femme, Gertha Daquin-Craan, 38 ans, et la fille de cette dernière, Mihalove, 13 ans, sont toujours portées disparues.

Caroll-yn Craan et sa famille consacrent toute leur énergie pour les retrouver. S'ils y arrivent, ils souhaitent qu'elles immigrent au Canada, «parce qu'elles font partie de la famille».

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