L'Unesco a appelé vendredi à interdire provisoirement le commerce d'objets d'art et d'artisanat haïtiens, afin d'empêcher des oeuvres issues de pillages de quitter le pays.

ASSOCIATED PRESS

La directrice générale de l'Unesco Irina Bokova a expliqué à l'Associated Press que son institution lancerait une campagne visant à protéger les objets qui se trouvent dans les musées et sites historiques du pays ravagé par le séisme. «Cela afin de ne pas retrouver ces objets en vente chez Christie's demain», a-t-elle argumenté.

Elle a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies d'adopter une résolution pour interdire les échanges commerciaux de biens culturels issus du pays, et de faire surveiller toute éventuelle transaction par Interpol. Elle a également demandé au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon d'impliquer ses forces de maintien de l'ordre déployées en Haïti dans la surveillance des sites culturels.

Telle est la «leçon» que Mme Bokova retient de la situation créée par la guerre en Irak et en Afghanistan, où de nombreux objets culturels ont été pillés puis exfiltrés du pays par des marchands peu scrupuleux.

«Nous essayons de prendre le problème à la racine», a expliqué Mme Bokova, qui s'exprimait en marge du forum économique mondial de Davos.

Parmi les sites qu'elle espère faire protéger en priorité figurent le palais présidentiel et la cathédrale de Port-au-Prince, tous deux très endommagés, ainsi que des édifices de la ville de Jacmel.