L'Unesco envoie mercredi une mission d'experts en Haïti pour contribuer à sauver «pour le peuple haïtien» son patrimoine culturel, a déclaré mardi à l'AFP Irina Bokova, la directrice générale de l'organisation dont le siège est à Paris.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'Unesco, organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, avait déjà annoncé, il y a dix jours, la préparation d'un plan d'action rapide pour remettre sur pied les services d'éducation en Haïti, après le séisme qui a frappé ce pays le 12 janvier. «L'éducation reste une priorité, mais nous pouvons aussi faire beaucoup dans le domaine de la culture : je vais envoyer des experts demain (mercredi) pour voir quelle est la situation avec les musées, quel est l'état des différents objets culturels, parce que les informations sont qu'il y a beaucoup de destructions», a déclaré Mme Bokova.

Il s'agit de voir «comment nous pouvons protéger, et bien sûr protéger pour le peuple haïtien» ces biens culturels, a-t-elle ajouté.

Mme Bokova a également indiqué que l'Unesco allait apporter son aide à l'université d'Haïti, et soutenir les médias sur place.

«Nous ne sommes pas exactement dans l'aide humanitaire, les médicaments, la nourriture, mais nous pouvons aider Haïti à reconstituer le tissu de la société», a souligné Mme Bokova, qui s'exprimait en français.

Elle a rappelé que l'Unesco développait en Haïti un projet intitulé «La route des esclaves», un «projet important pour trouver les racines, l'histoire de ces gens».

Le Parc national historique d'Haïti, rassemblant des édifices bâtis au début du XIXe siècle - le palais de Sans Souci, les bâtiments des Ramiers et la Citadelle - est inscrit par l'Unesco depuis 1982 sur la liste du Patrimoine mondial de l'humanité.

Ces édifices «sont chargés d'un symbolisme universel car ils sont les premiers à avoir été bâtis par des esclaves noirs ayant conquis leur liberté», indique la notice de l'Unesco.