Il y a un mois, le conservateur David Cameron entendait déjà sonner les clés de Downing Street, la résidence du premier ministre britannique. Depuis la percée fulgurante de Nick Clegg et ses libéraux-démocrates, bien malin celui qui prédira l'issue des élections législatives du 6 mai.

Mali Ilse Paquin, collaboration spéciale LA PRESSE

Pour la première fois depuis près d'un siècle, le moule du bipartisme semble avoir été cassé. Les travaillistes de Gordon Brown et les conservateurs de David Cameron doivent maintenant composer avec un troisième acteur, le jeune parti des «Lib Dems».Les sondages sont si serrés que l'élection d'un gouvernement minoritaire semble inévitable. Un scénario que David Cameron redoute comme la peste. Les négociations entre partis favoriseraient une coalition travaillistes-libéraux démocrates, des alliés naturels de centre gauche.

Malgré sa nouvelle popularité, Nick Clegg n'a presque aucune chance de devenir premier ministre. Le système électoral uninominal porte au pouvoir dans chaque circonscription le candidat qui récolte le plus grand nombre de voix et non une majorité du vote. L'avantage est ainsi donné aux grands partis.

Nick Clegg a d'ailleurs relevé cette «injustice» au débat de jeudi, rappelant que les travaillistes ont été élus en 2005 avec «seulement 22% des votes».

N'en déplaise à Cameron, 53% des Britanniques croient qu'un Parlement sans majorité serait une bonne chose.

Après une série de scandales, dont celui des notes de frais extravagants réclamés par des élus, les électeurs pourraient choisir de punir les deux partis traditionnels en votant pour Nick Clegg.