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Bradley Manning, traître ou héros?

Bradley Manning... (Photo AP)

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Bradley Manning

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Richard Hétu

Collaboration spéciale

La Presse

(NEW YORK) Le procès du soldat américain Bradley Manning s'est ouvert lundi devant une cour martiale à Fort Meade, au Maryland, trois ans après son arrestation en Irak. Poursuivi pour avoir transmis des milliers de documents confidentiels au site internet WikiLeaks sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan, entre autres, l'analyste militaire de 25 ans a été décrit d'entrée par un procureur militaire comme un traître «qui a mis la vie de ses compagnons d'armes en péril» et par son avocat comme un «jeune et naïf» idéaliste.

Accusation

Bradley Manning a déjà reconnu avoir téléchargé et transmis au site WikiLeaks 750 000 documents classifiés - des rapports militaires et des dépêches du département d'État. Ayant plaidé coupable à 10 des 22 chefs d'accusation retenus contre lui, il est déjà passible de 20 ans de prison. Mais le gouvernement américain cherche aussi à prouver qu'il a violé la loi sur l'espionnage et fait collusion avec l'ennemi, dont Al-Qaïda - des accusations qui pourraient lui valoir la prison à vie. Pour gagner leur cause, les avocats du gouvernement devront notamment démontrer que Manning a livré «sciemment» des informations confidentielles à Al-Qaïda et compagnie.

Défense

Dans une déclaration datant de février, Bradley Manning s'est défendu des accusations les plus sérieuses retenues contre lui en affirmant n'avoir jamais voulu nuire aux États-Unis. «J'espérais que le public serait aussi inquiet que moi au sujet de la conduite des membres de l'équipage», a-t-il notamment déclaré en parlant d'une vidéo livrée à WikiLeaks et montrant une bavure de l'armée américaine en Irak ayant causé la mort de 12 civils, dont 2 journalistes de l'agence Reuters. «Je pensais que ces câbles illustraient parfaitement le besoin d'une diplomatie plus ouverte», a-t-il également dit, en faisant allusion aux 251 287 télégrammes diplomatiques américains transmis à WikiLeaks.

Témoins

Quelque 150 témoins devraient être appelés à la barre. Une vingtaine d'entre eux témoigneront à huis clos, dont des diplomates, des responsables du renseignement et peut-être un membre du commando ayant tué Oussama ben Laden. Le grand absent du procès sera Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, réfugié depuis 2012 à l'ambassade de l'Équateur à Londres. L'Australien de 41 ans s'y est réfugié pour échapper à une extradition vers la Suède, où il doit répondre à des accusations de viol. Assange dit craindre d'être transféré de la Suède aux États-Unis, où il pourrait être accusé de complicité avec Manning.

Appuis

«Je suis Bradley Manning»; «Libérez Bradley»; «Martyr américain, héros mondial»: au cours des dernières années, ces slogans se sont retrouvés sur des affiches ou des t-shirts fabriqués par des supporteurs du soldat américain, qui ont participé à des manifestations d'appui dans plusieurs villes américaines et pays. L'un des soutiens les plus célèbres de Manning est Daniel Ellsberg, ex-analyste à l'origine de la fuite des dossiers du Pentagone sur la guerre du Viêtnam, en 1971.




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