Syrie: l'offensive turque contre les miliciens kurdes se poursuit

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D'après l'agence de presse étatique Anadolu, l'armée turque a détruit dans la nuit de dimanche à lundi deux positions des YPG depuis lesquelles des roquettes avaient été tirées sur la ville turque de Reyhanli, faisant un mort et 46 blessés.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Bulent KILIC, Gokan GUNES
Agence France-Presse
Hassa, ISTANBUL

L'artillerie d'Ankara a pilonné lundi des positions de la milice YPG au troisième jour de l'offensive sur l'enclave kurde syrienne d'Afrine, et des dizaines de mandats d'arrêt ont été émis en Turquie en lien avec l'opération pour «propagande terroriste».

L'artillerie de l'armée turque a visé les positions des Unités de protections du peuple (YPG), qu'Ankara considère comme un groupe terroriste, depuis la ville de Kilis frontalière de la Syrie, ont rapporté les médias turcs.

D'après l'agence de presse étatique Anadolu, l'armée turque a détruit dans la nuit de dimanche à lundi deux positions des YPG depuis lesquelles des roquettes avaient été tirées sur la ville turque de Reyhanli, faisant un mort et 46 blessés.

Selon Anadolu, les forces turques ont par ailleurs pris dimanche onze positions qui étaient contrôlées par les YPG dans la région d'Afrine.

Des chars et des militaires turcs ont pénétré dimanche dans la région d'Afrine pour en déloger la milice YPG, au deuxième jour de cette offensive baptisée «Rameau d'olivier».

Les YPG sont la principale composante d'une coalition arabo-kurde, les FDS, soutenue par Washington dans la lutte contre les groupes djihadistes, notamment l'organisation État islamique (EI).

En lançant samedi l'offensive, le président Recep Tayyip Erdogan a pris le risque de provoquer la colère de son allié américain, mais les réactions initiales de Washington étaient mesurées.

Réaction américaine mesurée

Les États-Unis ont certes appelé dimanche la Turquie à «faire preuve de retenue», mais son ministre de la Défense, Jim Mattis, a affirmé qu'Ankara avait prévenu Washington avant de lancer son offensive et estimé que les préoccupations sécuritaires turques étaient «légitimes».

La France a adopté un ton plus ferme en exhortant Ankara à mettre fin à son offensive et en réclamant une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, qui doit se tenir lundi à huis clos.

Selon le premier ministre turc Binali Yildirim, l'opération a pour but de créer une «zone de sécurité» d'une profondeur de 30 km à partir de la frontière. Les médias officiels turcs ont indiqué dimanche que les forces d'Ankara avaient pénétré de cinq kilomètres en Syrie.

L'opération sera «limitée et de courte durée», a affirmé lundi le vice-premier ministre turc Mehmet Simsek.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 21 personnes, dont six enfants, ont été tuées dans les bombardements turcs depuis samedi. Ankara affirme n'avoir touché que des «terroristes» et accuse les YPG de «propagande».

À l'exception de la formation pro-kurde HDP, les principaux partis politiques turcs, y compris ceux de l'opposition, ont apporté leur soutien à l'opération.

«Propagande terroriste»

Au lendemain d'une ferme mise en garde de M. Erdogan contre toute manifestation opposée à l'opération, les autorités ont émis lundi des mandats d'arrêt contre 35 personnes soupçonnées de faire de la «propagande terroriste» sur les réseaux sociaux.

D'après la chaîne de télévision publique TRT, ces mandats d'arrêt concernent 18 personnes à Istanbul et 17 personnes à Diyarbakir, grande ville du sud-est à majorité kurde de la Turquie où huit suspects ont été interpellés dans la matinée.

Ces personnes sont soupçonnées de soutenir activement les YPG, qu'Ankara considère comme la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe qui mène une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

En outre, un procureur d'Istanbul a ouvert lundi une enquête contre 57 personnes soupçonnées notamment de «propagande terroriste» sur Twitter en lien avec l'opération en Syrie, selon Anadolu.

La police turque a empêché dimanche le déroulement de deux manifestations contre l'opération, l'une à Istanbul, où sept personnes ont été arrêtées, et l'autre à Diyarbakir.

Il s'agit de la deuxième offensive turque dans le nord de la Syrie, après celle lancée en août 2016 pour repousser l'EI vers le sud, mais aussi enrayer l'expansion des combattants kurdes.

À la faveur du conflit syrien qui a fait plus de 320 000 morts depuis 2011, les Kurdes syriens, longtemps marginalisés, ont installé en 2012 une administration autonome à Afrine, un territoire isolé des autres zones contrôlées par les YPG plus à l'est.

L'offensive turque survient dans la foulée de l'annonce par la coalition internationale anti-djihadistes emmenée par Washington, de la création d'une «force frontalière» composée notamment de guerriers kurdes, un projet qui a suscité la colère d'Ankara.

Face à cette offensive turque, Moscou a appelé à la «retenue», mais les analystes estiment qu'une offensive majeure ne peut être lancée en Syrie sans l'aval de la Russie, qui contrôle l'espace aérien dans le nord de la Syrie et disposait d'une présence militaire à Afrine.




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