Les Canadiens ont donné 31,8 millions de dollars à différents organismes de bienfaisance dans le cadre du Fonds de secours d'urgence pour la Syrie, mis sur pied l'automne dernier par le gouvernement conservateur et prolongé par le nouveau gouvernement libéral.

Publié le 14 avr. 2016
Jean-Thomas Léveillé LA PRESSE

Ottawa, qui avait promis d'égaler la mise, versera une somme équivalente au Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), afin d'améliorer l'accès à l'éducation des enfants syriens, à la fois en Syrie et en Jordanie voisine, ainsi que de favoriser la vaccination de ceux restés en Syrie.

Puisque le gouvernement fédéral avait prévu allouer jusqu'à 100 millions de dollars au Fonds de secours d'urgence pour la Syrie, Ottawa a donc également annoncé mercredi une contribution supplémentaire de 68,2 millions de dollars pour venir en aide aux victimes du conflit dans l'ensemble de la région.

Au Liban et en Jordanie, les projets financés visent à « permettre aux communautés d'accueillir adéquatement les réfugiés sur une plus longue période », a indiqué la ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, en entrevue téléphonique avec La Presse, alors qu'en Syrie, « on est plus dans les projets d'aide humanitaire de base : nourrir les gens, soigner les gens ».

Cette contribution constitue la première tranche de la somme de 1,1 milliard en trois ans annoncée en février par le nouveau gouvernement libéral.

AIDE DIFFICILE

Pour des raisons de sécurité, le gouvernement n'a pas dévoilé le nom des organisations dont il financera les activités en Syrie.

Venir en aide aux populations syriennes « n'est pas facile », reconnaît la ministre Bibeau.

A displaced woman carries her child in a building that is used as a temporary shelter in Makhmour area, southeast of Mosul, Iraq, March 28, 2016. Picture taken March 28, 2016. REUTERS/Azad Lashkari

Photo David Boily, archives La Presse

Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international

Le Canada entend faire des femmes et des jeunes « la priorité de l'ensemble de [ses] actions », rappelle la ministre Bibeau, qui souligne son attachement à l'initiative « Non à une génération perdue », de l'UNICEF.

« Si on arrive à protéger, à éduquer, à rendre plus autonomes les jeunes femmes, on va bâtir une génération qui sera beaucoup plus solide », poursuit-elle.

Le critique de l'opposition officielle en matière de Développement international, le député conservateur Deepak Obhrai, a salué la générosité des Canadiens, tout en rappelant que « le Canada a un rôle à jouer pour mettre fin à cette crise », notamment en « contribuant aux frappes aériennes de la coalition » contre le groupe armé État islamique.

L'aide internationale en hausse

L'aide internationale versée par le Canada a augmenté à 0,28 % du revenu national brut (RNB), en 2015, selon les données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dévoilées mercredi, après avoir atteint un creux à 0,24 % l'année précédente. Le Canada reste toutefois sous la moyenne des 28 pays du Comité d'aide au développement de l'OCDE, à 0,30 %, et loin de l'objectif de 0,7 % fixé par les Nations unies, que seuls six pays ont atteint en 2015. Globalement, l'aide internationale des pays de l'OCDE a atteint 168,6 milliards en 2015, une augmentation de 6,9 % par rapport à 2014, notamment attribuable à l'aide aux réfugiés.