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John Kerry en Égypte: vers un rapprochement avec la junte

John Kerry a rencontré dimanche l'homme fort de... (Photo: AFP)

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John Kerry a rencontré dimanche l'homme fort de l'Égypte, le général Abdel Fattah Al-Sissi (à droite), ainsi que d'autres hauts dirigeants. Il a tenté d'apaiser les tensions bilatérales, tout en appelant au respect du plan de transition démocratique.

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L'Égypte sous tension
L'Égypte sous tension

Notre dossier sur le soulèvement populaire qui secoue l'Égypte. »

Jo BIDDLE
Agence France-Presse
LE CAIRE

Le secrétaire d'État américain John Kerry a affirmé dimanche que son pays était déterminé à continuer à travailler avec l'Egypte, lors de sa première visite au Caire depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée le 3 juillet.

M. Kerry a quitté Le Caire à la veille du procès de M. Morsi et à l'issue d'une visite de quelques heures destinée à resserrer les liens entre les deux pays, bousculés par le coup de force contre le premier président élu démocratiquement en Egypte et la répression meurtrière de ses partisans.

Alors que par mesure de rétorsion, Washington a gelé le 10 octobre partiellement son aide au Caire, M. Kerry a souligné dimanche que les États-Unis étaient un «ami» et un «partenaire» de l'Egypte et «s'(engageaient) à travailler et à poursuivre (la) coopération avec le gouvernement par intérim».

Lors d'une conférence de presse avec son homologue Nabil Fahmy, il a aussi affirmé que le «recalibrage» de l'aide --1,5 milliard de dollars par an dont 1,3 milliard d'aide militaire-- n'était qu'un «très petit problème» entre les deux pays.

«Les relations américano-égyptiennes ne peuvent être résumées à l'assistance», a-t-il souligné, en précisant que «l'aide américaine directe au peuple égyptien continuerait pour aider à lutter contre le terrorisme».

Les États-Unis ont soutenu durant ses trois décennies de présidence le prédécesseur de M. Morsi --Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire début 2011-- faisant du plus peuplé des pays arabes un allié de poids pour maintenir la stabilité dans la région.

Mais le «recalibrage» de l'aide américaine en octobre a jeté un froid, l'Egypte affirmant alors vouloir «élargir (ses) options» pour «servir (ses) intérêts nationaux».

Dimanche, M. Fahmy a dit «croire après (les) entretiens avec le secrétaire d'État américain qu'il y a de bons indicateurs montrant que nous cherchons à reprendre ces relations de façon positive».

Pour une transition «incluant toutes les parties»

M. Kerry a également rencontré le président par intérim Adly Mansour de même que le nouvel homme fort du pays, le chef de l'armée, le général Abdel Fattah Al-Sissi, selon l'agence officielle Mena qui a aussi fait état de rencontres avec des acteurs de la société civile.

Le secrétaire d'État a discuté avec ces responsables de la transition politique promise par la feuille de route rédigée par les militaires et de ses avancées, afin de déterminer quand «il sera possible de lever le gel (de la livraison) de certains équipements» militaires notamment, a indiqué un haut responsable du département d'État.

M. Kerry a plaidé, a-t-il ajouté, pour que la transition soit «démocratique» et qu'elle «inclut toutes les parties», au moment où les autorités poursuivent leur implacable répression contre les Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi qui avait remporté haut la main les législatives de fin 2011.

La feuille de route -qui prévoit un référendum sur une nouvelle Constitution, actuellement en cours de rédaction, puis des élections législatives et présidentielle d'ici mi-2014-- «est mise en oeuvre, du mieux que nous puissions en juger», a dit M. Kerry, en appelant à des élections «libres et justes».

Le secrétaire d'État a aussi demandé aux autorités égyptiennes par intérim de ne pas prolonger l'état d'urgence, censé se terminer le 14 novembre, et à protéger les droits de l'Homme et les libertés, selon le haut responsable américain.

Alors que plus d'un millier de personnes --en majorité des manifestants pro-Morsi-- ont été tuées et quelque 2000 islamistes arrêtés depuis la destitution de M. Morsi, M. Kerry a affirmé que «personne ne devrait être autorisé à recourir à la violence en toute impunité», condamnant attentats et affrontements qui ont récemment ensanglanté le pays.

A la veille du procès de M. Morsi qui doit répondre avec 14 co-accusés de la mort de sept manifestants devant son palais présidentiel fin 2012, aucun des responsables n'a toutefois évoqué ce rendez-vous judiciaire. Si les États-Unis ont demandé la libération de M. Morsi et la fin des procès politiques, ils se sont toujours refusé à qualifier sa déposition de «coup d'État».

Le Caire était la première étape d'une tournée régionale de 11 jours de M. Kerry, qui est arrivé dans la soirée en Arabie saoudite.




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