Le groupe salafiste jihadiste Ansar Asharia, qualifié de «terroriste» par les autorités tunisiennes, a appelé à manifester vendredi à Kairouan (centre) pour protester contre l'arrestation de leur porte-parole Seifeddine Raïs.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Appel à tous les musulmans à un rassemblement de protestation et de soutien au porte-parole d'Ansar Asharia Seifeddine Raïs, devant le siège d'Ennahda "parti islamiste au pouvoir" près de Bab Jalladine» à Kairouan, a annoncé mardi ce groupe sur sa page Facebook.

Le ministère de l'Intérieur a rapidement réagi à cet appel en publiant un communiqué interdisant les rassemblements sans demande d'autorisation préalable.

«L'organisation des manifestations dans les espaces publics nécessite une demande d'autorisation auprès des autorités concernées qui doivent être alertées au moins trois jours avant», selon les termes du communiqué.

Le ministère de l'Intérieur a toutefois refusé de préciser les raisons de l'arrestation de M. Raïs.

«La loi sera appliquée lorsqu'une personne ne respecte pas la loi», s'est contenté de déclarer le porte-parole du ministère Mohamed Ali Aroui, interrogé sur les raisons de cette arrestation.

Un autre représentant de ce ministère, Lotfi Hidouri, a pour sa part déclaré à l'AFP ne «pas avoir d'informations» sur les faits reprochés à M. Raïs.

Le ministère de la Justice a aussi refusé de commenter l'arrestation du porte-parole d'Ansar Asharia.

M. Raïs a été arrêté alors qu'il faisait un footing dimanche à l'aube à Kairouan, jour où son groupe comptait tenir un rassemblement, interdit par les autorités.

En réaction à cette interdiction, les partisans de l'organisation jihadiste a tenu son rassemblement cité Ettadhamen, leur bastion près de Tunis, déclenchant des affrontements avec la police qui ont fait un mort et 18 blessés, dont 15 policiers, selon un bilan officiel. Par ailleurs, 274 personnes ont été arrêtées.

Après avoir longtemps toléré cette mouvance, les autorités ont multiplié les opérations contre les jihadistes, en particulier depuis le début du mois de mai lorsque le gouvernement a reconnu la présence de groupes armés d'Al-Qaïda à la frontière avec l'Algérie.

Ansar Ashariaa a été créé après la révolution de 2011 par Abou Iyadh, un vétéran d'Al-Qaïda en Afghanistan, que les autorités accusent de plusieurs attaques en Tunisie, dont celle de l'ambassade des États-Unis en septembre dernier.

Ce mouvement estime être la victime de poursuites injustifiées.