La réunification de Taïwan à la Chine continentale, qui figure en tête des priorités de l'Armée populaire de libération, représente la menace militaire la plus inquiétante de Pékin pour les États-Unis, selon un rapport américain publié mardi.

Mis à jour le 15 janv. 2019
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le principe moteur de la modernisation militaire de la Chine, c'est l'objectif ancien de Pékin de finir par contraindre Taïwan à la réunification avec la Chine et de dissuader toute tentative de Taïwan de déclarer son indépendance», indique ce rapport de l'agence de renseignement militaire américaine (DIA).

Pour cela, la Chine a acquis des armements sophistiqués, notamment des navires de guerre, des sous-marins, et des systèmes avancés de missiles de courte et moyenne portée, ajoute ce rapport destiné à l'information du grand public et des chercheurs.

Ces missiles, qui sont plus modernes que ceux des États-Unis et la Russie, liés par le traité de désarmement INF, sont positionnés juste en face de l'île et «s'ils voulaient tirer des missiles sur Taïwan, ils pourraient le faire maintenant», a souligné un haut responsable du renseignement militaire en présentant ce rapport à la presse.  

«C'est ce qui m'inquiète le plus», a ajouté ce responsable ayant requis l'anonymat.

Taïwan et la Chine continentale sont gouvernés par des régimes rivaux depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949 et la prise du pouvoir par le Parti communiste sur le continent.

Le territoire insulaire a sa propre monnaie, son drapeau et son gouvernement, mais n'est pas reconnu comme un État indépendant par l'ONU.

Pékin considère toujours l'île comme l'une de ses provinces et menace de recourir à la force en cas de proclamation formelle d'indépendance à Taipei ou d'intervention extérieure - notamment des États-Unis, principal appui militaire de l'île.

Une invasion de Taïwan par la Chine est cependant peu probable dans l'immédiat, car l'armée chinoise a encore des problèmes structurels, notamment en termes de formation des militaires et d'organisation.

La communauté du renseignement «ne sait pas exactement quand ils auront confiance dans leur capacité» à lancer une invasion, a poursuivi le responsable du renseignement militaire. «Ils peuvent leur donner l'ordre d'y aller aujourd'hui. Mais je ne pense pas qu'ils aient particulièrement confiance dans cette capacité là».

Un haut responsable militaire chinois, le général Li Zuocheng, a mis en garde mardi le chef de l'US Navy, l'amiral John Richardson, contre toute «ingérence» visant à soutenir l'indépendance de Taïwan. «Si quelqu'un veut séparer Taïwan de la Chine, l'armée chinoise défendra à tout prix l'unité de la patrie», a-t-il indiqué au chef des forces navales américaines.