Le bilan du tremblement de terre suivi d'un tsunami qui a frappé l'île indonésienne des Célèbes est monté à 420 morts dimanche, alors que les secours dégageaient de nouvelles victimes des décombres de la ville de Palu dévastée.

«C'est très dur», explique à l'AFP Risa Kusuma, une mère de 35 ans qui berce son petit garçon fiévreux dans un centre pour réfugiés de la ville de Palu. «L'ambulance apporte de nouveaux corps chaque minute», «il n'y a pas beaucoup d'eau et les magasins sont pillés partout».

Le dernier bilan de 420 morts, fourni par le responsable de l'agence de gestion des catastrophes, cité par l'agence Antara, pourrait encore augmenter tandis que les informations filtrent petit à petit de la zone frappée par un séisme de magnitude 7,5 puis par un tsunami vendredi. 540 personnes ont été gravement blessées, selon l'agence de presse.

La plupart des victimes ont été recensées jusqu'à présent à Palu, une agglomération de 350 000 habitants située sur la côte ouest des Célèbes. Les autorités et les ONG s'inquiètent néanmoins de la situation dans la région de Donggala plus au nord, qui reste très incertaine.

Les hôpitaux, dont certains ont été endommagés, peinent à faire face à l'afflux de victimes. Et de nombreux blessés sont soignés en plein air.

Le président indonésien Jusuf Kalla a dit craindre que le bilan n'atteigne «un ou plusieurs milliers», se basant sur les précédentes catastrophes.

Survivants extraits des décombres

Des équipes de sauveteurs en combinaison orange étaient en train de fouiller les décombres d'un hôtel, qui pouvait héberger jusqu'à 150 personnes, et d'un centre commercial qui s'est effondré.

«Nous avons réussi à extraire une femme vivante de l'hôtel Roa-Roa la nuit dernière», a indiqué à l'AFP Muhammad Syaugi, chef des services de secours. «Et nous avons même entendu des gens qui criaient à l'aide».

L'agence est aussi préoccupée par le sort de plusieurs centaines de personnes qui travaillaient à la préparation d'un festival sur une plage de Palu vendredi soir peu avant le tsunami.

Le président indonésien Joko Widodo, attendu sur place, a indiqué que l'armée était en cours de déploiement pour aider aux recherches de survivants. Des avions chargés de matériel et de nourriture ont pu atterrir à l'aéroport de Palu, dont plusieurs pistes sont inutilisables.

À Palu on pouvait voir des carcasses de véhicules, des bâtiments réduits à des amas de débris, des arbres déracinés et des lignes électriques abattues, témoignant de la violence des secousses ressenties à des centaines de kilomètres de là, et de la vague de 1,5 mètre qui s'est abattue sur la côte.

Trouver des vivres et un abri

Effrayés par les répliques de tremblement de terre, de nombreux habitants de Palu ont dormi dans des abris de fortune en bambou ou sur des terrains de football.

La population locale était confrontée aux impératifs de base de la survie: trouver des vivres et un abri.

Beaucoup patientaient dans de longues files d'attente pour obtenir de l'eau potable ou des nouilles instantanées.

D'une magnitude de 7,5, selon l'institut géologique américain (USGS), le séisme qui a frappé les Célèbes juste avant 11H00 GMT vendredi a été plus puisant que la série de tremblements de terre qu'a connus l'Indonésie en août et qui avaient fait plus de 500 morts et environ 1500 blessés sur l'île de Lombok, voisine de Bali. Un raz-de-marée s'est déclenché peu après sur la côte proche de Palu.

L'Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne et eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique.

Le 26 décembre 2004, elle avait été frappée par une série de tremblements de terre dévastateurs, dont l'un de magnitude 9,1 sur l'île de Sumatra. Un tsunami avait alors provoqué la mort de 220 000 personnes dans la région, dont 168 000 rien qu'en Indonésie.

En 2006, près de 6000 personnes avaient péri dans un séisme de magnitude 6,3 (d'après l'USGS) sur l'île de Java.

Une ville plongée dans l'obscurité

Sur l'artère principale de Palu, des foules siphonnaient, avec des tuyaux d'arrosage, de l'essence dans le réservoir souterrain d'une station-service abandonnée.

Anser Bachmid, un père de famille de 39 ans, explique à l'AFP que les besoins sont pressants. « Les gens ici ont besoin d'aide, de nourriture, d'eau potable ».

« Nous ne savons pas ce que nous mangerons ce soir », dit-il.

À minuit, la ville était plongée dans l'obscurité, en raison de la coupure de courant qui l'affecte, le réseau de réception des téléphones portables étant également largement touché.

À l'extérieur de la cité, des familles campaient dans des abris de fortune confectionnés avec du bambou, des branches d'arbres et des bâches. Plusieurs centaines de personnes se sont installées sur un terrain de soccer.

Beaucoup ont également choisi de partir. Une longue file de camions, de voitures et de motos chargés d'affaires personnelles s'écoulait hors de Palu.

Mais les routes à l'intérieur et à l'extérieur de la ville ont été endommagées par des glissements de terrain provoqués par le séisme. Certains tronçons étaient réduits à une voie à peine assez large pour laisser passer une voiture.

De nombreux habitants fouillaient les amoncellements de débris ainsi que les hôpitaux à la recherche de leurs proches disparus.

« Nous ne savons toujours pas combien de victimes se trouvent toujours sous les décombres », souligne Anser Bachmid.

Selon un dernier bilan, le tremblement de terre et le raz-de-marée ont fait 384 morts et des centaines de blessés tandis que le sort de centaines d'autres personnes demeure inconnu.