Les États-Unis, le Canada et plusieurs autres pays occidentaux viennent de mettre en garde leurs ressortissants contre des attentats à New Delhi qui pourraient cibler les nombreux quartiers commerçants de la capitale fédérale indienne, dans un contexte sécuritaire déjà tendu.

Béatrice Le Bohec AGENCE FRANCE-PRESSE

Ces nouvelles alertes, précises et unanimes dans leur localisation, viennent renforcer les précédents avertissements d'ordre général régulièrement adressés aux étrangers se rendant en Inde leur conseillant d'éviter les endroits touristiques par mesure de précaution.

Les États-Unis ont affirmé mercredi être informés d'une menace «spécifique» concernant plusieurs quartiers commerçants et marchés de New Delhi, décrits comme des «cibles particulièrement attrayantes».

L'Inde héberge de nombreux groupes séparatistes et rebelles, comme les maoïstes, mais les groupes islamistes indiens ou du Pakistan voisin sont considérés comme la menace la plus dangereuse pour la sécurité du pays.

Canada

Le gouvernement canadien a de son côté indiqué sur son site Internet qu'un attentat pourrait être perpétré «dans les jours ou les semaines à venir dans des marchés» de Delhi fréquentés par les étrangers, en particulier dans le quartier fréquenté de Chandni Chowk situé dans le Vieux Delhi.

Dans la foulée de ces avertissements, l'ambassade australienne a déclaré jeudi conseiller «fortement» à ses ressortissants «de réduire leur présence dans les marchés de New Delhi».

Et l'ambassade britannique a également prévenu jeudi dans un communiqué qu'«il y a des indications accrues selon lesquelles des terroristes préparent des attentats à New Delhi».

Un porte-parole du ministère indien de l'Intérieur, interrogé par l'AFP, a affirmé ne pas être informé d'une nouvelle menace précise, ajoutant que la sécurité du pays était régulièrement passée en revue.

«Toutes les mesures de sécurité sont en place. Nous sommes toujours alertés de toutes les menaces possibles», a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat.

Ces avertissements interviennent alors que l'Inde, qui s'apprête à accueillir en octobre prochain les jeux du Commonwealth, cherche à rassurer les pays étrangers sur sa sécurité.

Le week-end dernier, deux bombes de faible intensité ont explosé dans un stade de cricket à Bangalore (sud) avant un match de championnat, ravivant les inquiétudes. Lors de la coupe du monde de hockey à Delhi cet hiver, des équipes avaient hésité jusqu'au dernier moment à faire le déplacement en raison de leurs doutes sur la sécurité.

En février, une bombe placée dans un restaurant populaire fréquenté par des touristes à Pune (ouest de l'Inde) a fait 16 morts, dont cinq étrangers.

Le ministère de l'Intérieur a accusé un groupe islamiste, les Moudjahidine indiens, d'être responsable de ce premier attentat d'ampleur depuis ceux de Bombay en novembre 2008, qualifiés par la presse de «11-Septembre de l'Inde».

Perpétrés par un commando de dix hommes, les attentats coordonnés dans différents endroits de la capitale économique avaient tué 166 personnes, dont de nombreux touristes étrangers. Les graves lacunes de l'Inde en matière de sécurité avaient été dénoncées.

La dernière vague d'attentats à New Delhi remonte à septembre 2008.

Revendiquée par les Moudjahidine indiens, elle avait ciblé plusieurs quartiers commerçants fréquentés par la classe moyenne indienne et la communauté étrangère. Vingt-deux personnes avaient été tuées et plus de 100 blessées.