(Jacobabad) L’Asie du Sud était à nouveau confrontée vendredi à des températures anormalement élevées, qui ont atteint en certains endroits du Pakistan les 50 °, les autorités mettant en garde contre le risque de pénuries d’eau et la menace pesant sur la santé.

Publié le 13 mai
Agence France-Presse

De larges pans de ces deux pays connaissent depuis fin avril une vague de chaleur record, dont l’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies a estimé qu’elle était « cohérente » avec le changement climatique.

Vendredi, les températures ont grimpé jusqu’à 50 ° à Jacobabad, dans la province méridionale pakistanaise du Sindh, a annoncé le Service météorologique pakistanais (PMD), précisant qu’il pourrait en être ainsi jusqu’à la fin de la semaine.

« C’est comme un feu qui brûle tout autour », a commenté Shafi Mohammad, un ouvrier agricole d’un village proche de Jacobabad, où les gens peinent à trouver de l’eau potable.

Au plan national, les températures sont entre 6 et 9 ° « au-dessus de la normale (saisonnière) », a souligné le PMD, le thermomètre affichant vendredi autour de 40 ° dans la capitale Islamabad et les autres grandes villes de Karachi (sud), Lahore (est) et Peshawar (nord-ouest).

La situation devrait s’aggraver

« Cette année, nous sommes directement passés de l’hiver à l’été », a estimé le prévisionniste en chef du PMD, Zaheer Ahmad Babar.

Le Pakistan est, selon lui, frappé depuis 2015 par la hausse des températures, en particulier dans les provinces du Sindh et du Pendjab (centre).

« L’intensité, la durée et la fréquence (de ces épisodes caniculaires) augmentent », a-t-il expliqué à l’AFP.

La situation devrait encore s’aggraver dans les années à venir en Asie du Sud en raison du réchauffement climatique, ont prévenu des scientifiques.

Le débit de l’Indus a été réduit de 65 % cette année « en raison du manque de pluies et de neige », selon le porte-parole du département de l’Irrigation dans le Pendjab, Adnan Hassan.

Prenant sa source au Tibet, ce fleuve traverse l’Inde puis le Pakistan avant de se jeter en mer d’Arabie. Son bassin procure 90 % de l’alimentation en eau du Pakistan, selon l’ONU.

La presse pakistanaise a signalé que des moutons étaient morts d’insolation et de déshydratation dans le désert du Cholistan au Pendjab, la province la plus peuplée et le grenier à céréales du Pakistan.

« Il y a un vrai risque de pénurie de nourriture et de récoltes cette année dans le pays, si ce manque d’eau doit persister », a souligné M. Hassan.

« Comme un four »

La canicule a aussi frappé l’Inde voisine, les températures y atteignant 48,1 ° jeudi dans le district de Barmer, dans la province du Rajasthan. Elles pourraient s’élever à 46 ° à partir de dimanche à New Delhi.

« Il faisait si chaud aujourd’hui que je me suis sentie épuisée et malade quand je suis rentrée de l’université en bus. Le bus était comme un four », a raconté Suman Kumari, une étudiante de 19 ans vivant dans la capitale indienne.

De très fortes températures sont aussi annoncées pour le week-end dans la majeure partie du nord-ouest de l’Inde, avant une amélioration escomptée avec l’arrivée de la mousson.  

Mardi, la ministre pakistanaise du Changement climatique, Sherry Rehman, avait appelé les habitants de Lahore à rester à l’ombre « pendant les heures les plus chaudes de la journée ».

Le Pakistan, qui a 220 millions d’habitants, dit n’être responsable que d’1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Il figure pourtant en 8e position des pays les plus menacés par les phénomènes météorologiques extrêmes, selon une étude de l’ONG Germanwatch.