(Séoul) La Corée du Nord a procédé mardi matin à un essai de ce qui semble être deux missiles de croisière, a annoncé Séoul, portant à cinq le nombre d’essais ce mois-ci pour Pyongyang qui ignore les offres de dialogue et les sanctions.

Publié le 25 janvier
Agence France-Presse

C’est la première fois depuis 2019, et l’échec des négociations entre Kim Jong-un et le président américain d’alors Donald Trump, que la Corée du Nord teste autant d’armes en un mois.

« La Corée du Nord a tiré ce qui est suspecté être deux missiles de croisière », ont écrit les chefs d’état-major interarmées sud-coréens dans un communiqué, sans livrer plus de détails.

Les missiles de croisière ne sont pas interdits par l’actuel régime de sanctions des Nations unies et la Corée du Sud ne rapporte pas toujours ce type d’essai en temps réel comme elle le fait pour les tirs de missiles balistiques.

Le dernier essai connu de missiles de croisière par Pyongyang remontait à septembre 2021.

« Si un tel missile était lancé vers le sud, nos systèmes de détection et d’interception n’auraient aucun problème à le contrer », a expliqué un gradé militaire sud-coréen à l’agence de presse Yonhap.

Pyongyang a entamé depuis plusieurs semaines une série d’essais d’armement afin de montrer sa force et d’intensifier la pression sur Washington.

Cette série de tirs fait suite à un discours prononcé en décembre dans lequel le dirigeant Kim Jong-un s’engageait à moderniser son arsenal.

Ce nouvel essai semble être une tentative de provoquer l’administration du président américain Joe Biden qui a proposé des pourparlers « sans conditions préalables », mais n’a avancé aucun engagement substantiel à haut niveau au cours de l’année dernière.

« La Corée du Nord semble vouloir tester la réaction de Washington en affichant sa présence sur la scène mondiale », a souligné à l’AFP Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes.

« Attirer l’attention »

En tirant un missile de croisière, Pyongyang peut, sans violer les sanctions de l’ONU, continuer à essayer « d’attirer l’attention du monde tout en faisant un pied de nez aux États-Unis ».

Les essais interviennent dans une période délicate pour la région, la Chine, seul allié majeur du régime nord-coréen, accueillant les Jeux olympiques d’hiver en février et la Corée du Sud tenant une élection présidentielle en mars.

Sur le plan intérieur, la Corée du Nord va célébrer en février le 80e anniversaire de la naissance l’ancien dirigeant Kim Jong-il et en avril le 110e anniversaire de la naissance du fondateur du régime Kim Il-sung.

Pyongyang n’a pas testé de missiles balistiques intercontinentaux ou d’arme nucléaire depuis 2017, lorsque MM. Kim et Trump ont commencé un processus de dialogue qui devait durer deux ans avant d’échouer.

Le régime nord-coréen a cependant menacé la semaine dernière d’une reprise de ces essais interdits par les Nations unies.

La Corée du Nord, dont les difficultés économiques sont amplifiées par la fermeture totale des frontières pour combattre la pandémie, a commencé à reprendre doucement le commerce avec son voisin chinois début janvier.

La Russie et la Chine ont bloqué la semaine dernière au Conseil de sécurité de l’ONU un projet de nouvelles sanctions en réponse aux derniers tirs de missiles.

Les tests pourraient être une tentative de mettre la pression sur la Chine, avance auprès de l’AFP le chercheur et transfuge de Corée du Nord Ahn Chan-il.

« Les Jeux olympiques de Pékin ne peuvent pas être une fête de la paix sans la paix dans la péninsule coréenne », souligne-t-il.

« Et la paix dans la péninsule coréenne dépend de la Corée du Nord ».