(Islamabad) Une femme musulmane a été condamnée à mort mercredi au Pakistan pour avoir envoyé un texte et des caricatures du prophète Mahomet, jugés « blasphématoires », sur la messagerie WhatsApp.

Publié le 19 janvier
Agence France-Presse

Le blasphème est un sujet ultra sensible au Pakistan, pays très majoritairement musulman où les personnes reconnues coupables d’offense à l’islam peuvent encourir jusqu’à la peine de mort, même si elle n’a jamais été appliquée pour ce genre de condamnation.

Aneeqa Ateeq, 26 ans, avait été arrêtée en mai 2020 et inculpée pour avoir partagé sur WhatsApp du « contenu blasphématoire », dont des caricatures, selon un résumé publié par le tribunal.

Le jugement a été annoncé dans la ville de garnison de Rawalpindi (nord). Le tribunal a ordonné qu’Aneeqa Ateeq soit « pendue par le cou jusqu’à ce que mort s’ensuive », et l’a également condamnée à 20 ans de prison.

Environ 80 personnes sont emprisonnées au Pakistan pour blasphème, dont la moitié a été condamnée à la prison à vie ou à la peine capitale, selon la Commission américaine sur la liberté religieuse dans le monde.

Les défenseurs des droits de l’Homme estiment que des accusations de blasphème y sont régulièrement lancées abusivement pour régler des conflits personnels. Si elles concernent souvent des musulmans, elles visent également régulièrement les minorités religieuses, notamment les chrétiens, soulignent-ils.

En décembre, le directeur srilankais d’une usine au Pakistan avait été lynché et brûlé par une foule en furie après avoir été accusé de blasphème.