(Canberra) Le premier ministre australien a décrit jeudi les réseaux sociaux comme un « palais de poltrons » (coward's palace) et estimé que les plateformes numériques comme Facebook devraient être tenues responsables des commentaires diffamatoires mis en ligne anonymement.

Rod Mcguirk Associated Press

Les commentateurs anonymes qui utilisent les réseaux sociaux pour dénigrer et intimider leurs victimes sont le plus récent champ de bataille entre le gouvernement de Scott Morrison et les géants technologiques américains. Le gouvernement veut obliger les usagers des réseaux sociaux à s’identifier.

L’Australie a adopté des lois cette année qui obligent Google et Facebook à payer le coût de contenus journalistiques. L’Australie a aussi tenu tête aux entreprises technologiques en adoptant une loi qui pourrait envoyer leurs patrons en prison si les plateformes diffusent des images violentes.

M. Morrison a estimé que les plateformes qui refusent d’identifier les auteurs de commentaires diffamatoires devraient être tenues responsables de ces commentaires.

« Les poltrons qui vont anonymement sur les réseaux sociaux pour vilipender les gens, pour les harceler, pour les intimider, qui y vont de commentaires diffamatoires, doivent être tenus responsables de leurs propos », a dit M. Morrison.

« Les réseaux sociaux sont devenus un palais de poltrons où les gens peuvent aller, ne pas dire qui ils sont, détruire la vie des gens, et lancer en toute impunité les choses les plus dégoûtantes et les plus insultantes », a-t-il ajouté.

Ses commentaires surviennent au moment où plusieurs gouvernements régionaux australiens sont à réécrire leurs lois sur la diffamation, après que le plus haut tribunal du pays eut créé un précédent en estimant que les médias peuvent être tenus responsables des commentaires diffamatoires mis en ligne sur leurs pages Facebook par des tiers.

Le tribunal ne s’est pas prononcé sur la responsabilité de Facebook, puisque la plateforme n’était pas poursuivie.

Le jugement s’applique aux responsables de toutes les pages Facebook, y compris les gouvernements. Le gouvernement de l’État de la Tasmanie a ainsi bloqué les commentaires sur ses réseaux sociaux, et le réseau américain CNN a exclu les Australiens de sa page Facebook.

Le ministre australien des Communications, Paul Fletcher, a dit mercredi qu’un examen des lois du pays en matière de diffamation englobera vraisemblablement la responsabilité possible de Facebook envers les commentaires des usagers.

Facebook a dit par voie de communiqué qu’il appuie « la modernisation des lois australiennes sur la diffamation et espère plus de clarté et de certitude dans ce domaine ».

M. Morrison a dit que son gouvernement examinera attentivement le besoin pour les plateformes numériques d’identifier leurs usagers.