(Pékin) Pékin a dénoncé jeudi une « violation de sa souveraineté » et menacé de « représailles » après le feu vert des États-Unis à une vente de canons à Taïwan, destinés à aider l’île contre une potentielle invasion chinoise.

Agence France-Presse

Taïwan compte 23 millions d’habitants et jouit d’un système politique démocratique. Le territoire insulaire est dirigé depuis 1945 par un régime (la « République de Chine ») qui s’y était replié après la victoire des communistes en Chine continentale en 1949 à l’issue de la guerre civile chinoise.

La « République populaire de Chine », basée à Pékin et dirigée par le Parti communiste, considère l’île comme une partie de son territoire. Elle menace d’utiliser la force en cas de déclaration formelle d’indépendance à Taipei.

Principal allié des autorités taïwanaises, les États-Unis ont approuvé mercredi par la voix du département d’État la vente à Taïwan de canons, pour un montant de 750 millions de dollars.

L’accord, qui devra encore être approuvé par le Congrès, porte sur 40 systèmes d’artillerie de canons automoteurs moyens M109A6 de 155 mm. Il s’agirait de la première importante vente d’armes depuis l’arrivée en janvier à la présidence américaine de Joe Biden.  

Pékin a vu rouge. Ce projet « viole la souveraineté de la Chine », a réagi jeudi un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, soulignant que Pékin avait « protesté officiellement » auprès des États-Unis.

Il a appelé « à annuler immédiatement » cette transaction « afin de ne pas porter davantage atteinte aux relations sino-américaines ».  

« La Chine prendra de fermes mesures de représailles, appropriées et nécessaires, en fonction de l’évolution de la situation » et de la décision du Congrès américain, a mis en garde le porte-parole.

Washington a rompu en 1979 ses relations diplomatiques avec Taipei afin de reconnaître Pékin comme le seul représentant de la Chine. Il reste toutefois son principal fournisseur d’armes.

Pékin a intensifié la pression militaire, économique et diplomatique sur Taïwan depuis l’arrivée au pouvoir en 2016 de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, issue d’un parti militant traditionnellement pour l’indépendance.

« Comme un roc »

L’armée chinoise multiplie les passages dans la zone d’identification de défense aérienne (Adiz) de l’île et s’exerce régulièrement à des opérations de débarquement.

Ces canons vont aider Taïwan à « avoir une défense solide comme un roc » et à maintenir « la paix et la stabilité dans la région », selon le ministère taïwanais des Affaires étrangères.

« Face à l’expansion militaire et aux provocations continues de la Chine, notre gouvernement va renforcer sa défense et sa sécurité nationale avec une détermination inébranlable à défendre la vie des gens et notre mode de vie libre et démocratique », a-t-il affirmé.

L’armée taïwanaise est bien moins puissante que celle de la Chine. Ces canons américains pourraient toutefois jouer un rôle essentiel pour contrecarrer une invasion.

Au cours de son mandat, l’ex-président américain Donald Trump avait multiplié les ventes d’armes à Taïwan, dans un contexte de fortes tensions entre Pékin et Washington.