(Hong Kong) Le principal éditorialiste du journal pro-démocratie Apple Daily, fermé la semaine dernière, a été arrêté dimanche soir par la police de Hong Kong au moment où il s’apprêtait à quitter le territoire, selon des médias locaux.

Agence France-Presse

Après l’interpellation de certains de ses responsables et le gel de ses avoirs, l’Apple Daily, qui n’a jamais manqué de critiquer vertement les dirigeants chinois, a été contraint de mettre la clé sous la porte après 26 ans d’existence et a publié jeudi 24 juin son dernier numéro.

Fung Wai-long, rédacteur en chef et responsable des éditorialistes du site internet en anglais du quotidien est le septième responsable du tabloïd à être arrêté au nom de la drastique loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine voilà près d’un an.  

La police a confirmé avoir interpellé un homme de 57 ans à l’aéroport pour « conspiration en vue de collusion avec des des forces et des puissances étrangères ».

Elle n’a pas mentionné le nom de M. Fung, qui signait sous son nom de plume Lo Fung. Selon des médias locaux, il a été placé en détention à des fins d’enquête.  

Quelque 500 policiers avaient perquisitionné la rédaction du journal le 17 juin et cinq de ses responsables avaient été arrêtés.  

Deux d’entre eux ont été inculpés pour « collusion avec des forces étrangères » en raison d’une série d’articles appelant à des sanctions internationales contre les dirigeants chinois, et placés en détention provisoire.

Quelques jours plus tard, l’éditorialiste Yeung Ching-kee a été interpellé pour les mêmes faits. Il a cependant été remis en liberté sous caution.

Le propriétaire du tabloïd, le magnat de la presse Jimmy Lai, est actuellement en détention, condamné à plusieurs peines de prison pour son implication dans des manifestations pro-démocratie en 2019. Il est également inculpé en vertu de la loi sur la sécurité nationale, des faits passibles de la prison à vie.

Dans un communiqué publié lundi, l’Association des journalistes de Hong Kong a affirmé que les évènements récents, notamment le sort de l’Apple Daily, ont presque « mis fin à la la liberté de la presse » dont jouissait jusqu’à présent Hong Kong.