(Bangkok) Le premier ministre thaïlandais Prayut Chan-O-Cha a été condamné lundi à payer une amende pour non-port du masque au moment même où la Thaïlande met en place de nouvelles restrictions pour tenter de freiner une vague épidémique sans précédent de COVID-19 sur son territoire.

Agence France-Presse

Le port du masque est désormais obligatoire dans les lieux publics à Bangkok, sous peine d’une amende maximale de 20 000 bahts (792 $ CA), et dans 49 autres provinces.

Après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une photo de Prayut Chan-O-Cha assistant à une réunion sans masque, le gouverneur de Bangkok, Aswin Kwanmuang, a dit avoir « informé le premier ministre qu’il avait violé la loi » et a porté plainte contre lui.

« Il a accepté de payer une amende » d’un montant de 6000 bahts (238 $ CA), a ajouté le gouverneur.

Les autorités de la capitale, à l’épicentre de l’épidémie dans le pays, ont également annoncé lundi la fermeture d’un grand nombre de lieux publics (cinémas, piscines, salles de sport, etc.) après avoir fermé la semaine dernière les écoles, bars et boîtes de nuit et interdit aux restaurants de servir de l’alcool.

La Thaïlande, qui compte près de 70 millions d’habitants, recense au total 57 500 cas de coronavirus contre seulement 29 000 début avril.

11 personnes sont mortes de la COVID-19 dimanche, un record quotidien depuis le début de la crise.

Le royaume avait été relativement épargné jusqu’à ces dernières semaines, grâce à une politique très stricte de contrôle des frontières et de suivi des personnes contaminées.

Retard de la vaccination

Mais la vaccination de la population a pris beaucoup de retard par rapport à d’autres pays de la région.

« C’est clairement un échec du ministère de la Santé. Il a pris de mauvaises décisions et aurait pu faire beaucoup mieux dans l’approvisionnement en vaccins », a déploré auprès de l’AFP Pracha, un restaurateur à Bangkok.  

Pranee Namrat, qui tient un petit stand de nourriture, craint pour sa part qu’il n’y ait bientôt plus de place dans les hôpitaux pour soigner « les petites gens ordinaires » comme elle.

Prayut Chan-O-Cha a déclaré sur Facebook que le gouvernement s’efforçait de se procurer davantage de doses, avec pour objectif de vacciner 300 000 personnes par jour.  

Au Cambodge voisin, également en proie à une nouvelle vague, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exhorté les propriétaires d’usines de prêt-à-porter à tout faire pour protéger leurs employés.

« La flambée actuelle des cas dans les usines et sur les marchés nous rappelle douloureusement qu’il est important d’investir […] afin d’aider à empêcher la propagation du virus », a souligné dans un communiqué Li Ailan, qui représente l’OMS au Cambodge.

Il a plaidé pour davantage de contrôles de température du personnel et a demandé une réorganisation des ateliers afin de permettre une distanciation sociale.

Phnom Penh est sous confinement au moins jusqu’au 5 mai et les autorités ont ordonné la semaine dernière la fermeture des marchés alimentaires de la capitale.  

Le Cambodge a signalé 9975 cas au total et 74 morts de la COVID-19 dont 10 samedi-un record quotidien pour ce pays de 17 millions d’habitants-, d’après les données de l’OMS.  

De son côté, le Laos, qui semblait avoir échappé à la pandémie l’an dernier, connaît également une recrudescence de l’épidémie : ce pays de 7,5 millions d’habitants au système de santé très fragile a annoncé être passé de 58 cas à 436 en moins d’une semaine, selon les derniers chiffres.

Sa capitale Vientiane a été placée en état d’urgence la semaine dernière, les autorités interdisant à ses habitants de sortir de chez eux, sauf pour faire des courses et se rendre à l’hôpital.