(Lahore) L’un des cerveaux présumés des attentats de Bombay, qui avaient fait 166 morts en 2008, a été condamné vendredi à une peine de cinq ans de prison pour financement du terrorisme par un tribunal de Lahore, dans l’est du Pakistan.

Agence France-Presse

Zaki ur Rehman Lakhvi, âgé d’une soixantaine d’années, est l’un des leaders du Lashkar-e-Taïba (LeT), une organisation aujourd’hui interdite qui est accusée par l’Inde et les États-Unis d’être derrière les attentats de Bombay.

Il a été condamné à trois peines de prison de cinq ans pour des chefs d’inculpation de financement du terrorisme, selon le jugement consulté par l’AFP.

Ces trois peines ne sont toutefois pas cumulables, mais à purger simultanément.

Il avait été arrêté samedi à Lahore par les services antiterroristes de la province du Pendjab. Ils l’accusaient d’utiliser le dispensaire qu’il dirigeait dans cette ville pour collecter des fonds servant à ses activités militantes.

Zaki ur Rehman Lakhvi est considéré comme le chef opérationnel et militaire du LeT par le Conseil de sécurité des Nations unies, qui l’accuse d’avoir mené des activités militantes notamment en Tchétchénie, Bosnie, Irak et Afghanistan.

Il avait été libéré de prison par le Pakistan en 2015, à l’issue d’une longue saga politico-judiciaire qui avait pesé sur les relations avec l’Inde.

Il faisait partie des sept suspects inculpés et incarcérés au Pakistan en liaison avec les attaques de Bombay.

L’Inde, qui voit la main des services de renseignement pakistanais derrière ces attentats, a toujours déploré que leurs responsables présumés n’aient pas été jugés par le Pakistan ou ne lui aient pas été remis.

En février 2020, un autre cerveau présumé de ces attentats, Hafiz Saeed, avait été condamné à cinq ans et demi de prison par la justice pakistanaise.

Saeed dirigeait le Jamaat-ud-Dawa (JuD), un groupe islamiste classé comme organisation terroriste par l’ONU et considéré par New Delhi comme une vitrine du LeT.