(Séoul) Pyongyang a réalisé dimanche, pour la quatrième fois en mars, des tirs de projectiles, vraisemblablement des missiles balistiques, au moment où toute l’attention de la communauté internationale se focalise sur la lutte contre la COVID-19.

Agence France-Presse

Ces essais interviennent sur fond d’impasse diplomatique totale entre la Corée du Nord et les États-Unis sur le dossier nucléaire, et au moment où Washington vient de proposer une aide à Pyongyang pour combattre le nouveau coronavirus.

Les tirs de dimanche ont été réalisés dans le secteur de la ville portuaire de Wonsan, sur la côte est, et en direction de la mer du Japon, ou mer de l’Est selon l’appellation coréenne.

« Une telle action militaire de la Corée du Nord est extrêmement inappropriée au moment où le monde entier a des difficultés en raison de la pandémie de la COVID-19 », a observé l’état-major interarmes sud-coréen dans un communiqué, en précisant que les projectiles semblaient être des missiles balistiques.

Le ministère japonais de la Défense a aussi dit qu’ils ressemblaient à « des missiles balistiques » et précisé qu’ils n’étaient pas tombés dans les eaux japonaises ni dans la zone économique maritime exclusive du Japon.

Lettre de Trump

La Corée du Nord, pays doté de la bombe atomique, n’a fait aucun commentaire sur ces lancements. Elle avait affirmé que les trois séries de tirs réalisés en mars en direction de la mer du Japon étaient tous des essais d’engins d’« artillerie de longue portée ».

La semaine dernière, elle avait dit avoir testé une nouvelle « arme tactique guidée », là où Séoul avait vu deux missiles balistiques de courte portée.

La Corée du Nord est sous le coup de multiples sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies pour l’obliger à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique interdits.

Au lendemain des tirs de la semaine dernière, les médias du Nord avaient annoncé que le dirigeant Kim Jong-un avait reçu une lettre du président américain Donald Trump détaillant un projet visant à améliorer les relations bilatérales. Ce que des responsables de la Maison-Blanche avaient confirmé.

PHOTO JUNG YEON-JE, AGENCE FRANCE-PRESS

Le leader nord-coréen Kim Jong-un

La presse nord-coréenne citait notamment la sœur et conseillère de M. Kim, Kim Yo Jong, qui avertissait que la bonne relation personnelle entre ce dernier et M. Trump ne serait pas suffisante pour relancer les relations.

Pas de cas annoncé

Dans la lettre, M. Trump « a expliqué son plan pour propulser les relations entre la République démocratique populaire de Corée et les États-Unis et fait part de son intention de prêter assistance dans la lutte contre les épidémies », manifestement une allusion à la COVID-19, d’après un communiqué diffusé par KCNA.

La Corée du Nord est un des rares pays au monde à ne pas avoir annoncé de cas de contamination sur son sol, même si au Sud, beaucoup sont persuadés que le Nord est touché.

De nombreux experts estiment que la pandémie qui a déjà tué plus de 30 000 personnes dans le monde pourrait s’avérer catastrophique au Nord, vu la faiblesse de son système de santé.

Le lancement de dimanche visait à montrer que le pays continue de fonctionner normalement, en dépit de la pandémie qui affecte le monde, a estimé Kim Dong-yub, chercheur à l’Institut pour les études sur l’Extrême-Orient, basé à Séoul.

La Corée du Nord multiplie depuis novembre les essais d’armement en l’absence de progrès dans les négociations par lesquelles les États-Unis espèrent lui faire abandonner son programme nucléaire.

Ces discussions sont au point mort depuis le fiasco du deuxième sommet entre MM. Trump et Kim, en février 2019 à Hanoï, et ce en dépit d’une rencontre très symbolique entre les deux hommes en juin dans la Zone démilitarisée qui divise la péninsule.

Selon les analystes, Pyongyang affine peu à peu ses capacités militaires, malgré les sanctions et les condamnations.