(Genève) Une rapporteuse de l’ONU a dénoncé mercredi la répression dont souffrent les avocats et défenseurs des droits humains en Chine, en citant le cas d’un avocat disparu après avoir dit qu’il avait été torturé en détention.

Agence France-Presse

Mary Lawlor, Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits humains, a averti dans un communiqué que cette répression a commencé il y a plus de cinq ans et se poursuit sans relâche.

Les défenseurs des droits et leurs avocats continuent d’être accusés, détenus et torturés, ainsi que, pour certains, de disparaître, a indiqué l’experte, qui est mandatée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, mais ne s’exprime pas au nom des Nations unies.

« Depuis que cette vague de répression surnommée 709 (en référence à la date de son lancement) a été lancée le 9 juillet 2015, la profession d’avocat des défenseurs des droits humains a été criminalisée en Chine », a-t-elle affirmé.

Arrêté, torturé, arrêté à nouveau

Dans sa déclaration, qui a reçu l’appui de sept autres experts en droits humains de l’ONU, Mme Lawlor a cité en particulier la récente arrestation et « disparition forcée » du militant et avocat Chang Weiping, en soulignant qu’il s’agissait d’un cas emblématique.

Soupçonné du crime de « subversion du pouvoir de l’État », il a été placé en « surveillance résidentielle dans un lieu désigné » pendant dix jours en janvier dernier dans la ville de Baoji, et n’a plus le droit d’exercer, selon l’experte.

Et quelques jours seulement après avoir mis en ligne en octobre une vidéo décrivant les tortures et les mauvais traitements qu’il aurait subis pendant sa détention, il a été à nouveau incarcéré.

Son sort reste depuis inconnu, ses avocats n’ont pas pu le contacter et aucune accusation n’a été déposée à son encontre, selon Mme Lawlor.

« J’exhorte les autorités chinoises à libérer immédiatement Chang Weiping et tous les autres défenseurs des droits humains détenus et disparus », a-t-elle demandé.