(Jakarta) L’Indonésie a annoncé lundi avoir dépassé le cap des 100 000 cas de coronavirus, les médecins prévenant que la situation n’est « pas sous contrôle ».

Agence France-Presse

L’archipel, 4e pays le plus peuplé au monde avec près de 270 millions d’habitants, a enregistré plus de 1000 nouvelles infections chaque jour depuis le relâchement des mesures de confinement ce mois-ci.  

La fin de ces restrictions avait pour but d’éviter l’effondrement de l’économie la plus importante d’Asie du Sud-Est.

Le pays dénombrait lundi un total de 100 303 cas de COVID-19 et 4838 décès. Mais avec un taux de tests parmi les plus faibles du monde, la portée globale de l’épidémie pourrait y être bien plus grande.

Selon des responsables sanitaires, plusieurs centaines d’enfants sont potentiellement morts de la maladie, la plupart des victimes suspectées étant enterrées sans avoir été testées.

L’Indonésie est l’un des pays les plus touchés en Asie et compte des cas dans chacune de ses 34 provinces.

Des manifestations contre les mesures de distanciation sociale, mais aussi contre les tests ont eu lieu dans plusieurs endroits du pays, dont l’île très touristique de Bali.

Certains détracteurs critiquent en revanche les signes de relâchement des Indonésiens face à l’épidémie au regard de la politique de « nouvelle normalité » du gouvernement.

« Cette [politique] est trompeuse et pourrait pousser les gens à croire que le virus est sous contrôle, alors que ce n’est pas le cas », a affirmé le porte-parole de l’Association des médecins indonésiens, Halik Malik.

Les critiques pointent notamment du doigt la réouverture des bureaux dans la capitale Jakarta comme responsable de la recrudescence des cas tandis que les restaurants, les centres commerciaux, et les lieux touristiques rouvrent également.

« Nous intensifions nos efforts pour éduquer le public sur l’importance de changer en bien leurs habitudes par la distanciation sociale, le port du masque et une bonne hygiène », a soutenu la Croix-Rouge indonésienne qui a embauché 7000 volontaires à travers le pays.

Le président Joko Widodo a exigé de son côté une augmentation du nombre de tests, menaçant de remanier son cabinet si les ministres n’amélioraient pas leur gestion de la crise. Joko Widodo a également été critiqué pour sa réponse lente à la crise.