(New Delhi) L’Inde a reconnu jeudi pour la première fois qu’elle avait égalé la Chine dans le déploiement de forces militaires à la frontière contestée entre ces deux pays dans l’Himalaya, après un affrontement meurtrier entre leurs deux armées à la mi-juin.

Agence France-Presse

« Les deux parties restent déployées en grand nombre dans la région, tandis que les contacts militaires et diplomatiques » pour tenter de régler la crise « continuent », a déclaré Anurag Srivastava, le porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères.

Celui-ci a accusé dans le même temps la Chine d’avoir été à la source des tensions en ayant entamé le déploiement de troupes dans la région.

Les deux pays voisins se sont mutuellement rejeté la responsabilité des affrontements du 15 juin dans la région du Ladakh (Nord de l’Inde) ayant fait au moins vingt morts dans les rangs des militaires indiens et des pertes non chiffrées du côté chinois.

Le porte-parole a affirmé que « les actions chinoises » sur le tracé contesté de la frontière entre les deux pays avaient abouti à ces affrontements.

Le 15 juin, soldats indiens et chinois se sont affrontés à coups de poings, de pierres et de bâtons dans une vallée disputée du désert en haute altitude du Ladakh, le premier accrochage meurtrier entre leurs troupes depuis 1975.

« Au cœur du problème est le fait que depuis début mai la partie chinoise a amassé un gros contingent de soldats et d’armements le long » de cette frontière, selon le porte-parole.

Il a accusé la Chine d’avoir fait obstruction aux patrouilles indiennes en violation des accords conclus pour éviter les escarmouches entre les deux armées, qui se sont livrées une guerre frontalière en 1962 et ont eu régulièrement des accrochages depuis cette date.

Il a affirmé que les forces chinoises avaient édifié des « structures » du côté indien de la ligne de démarcation dans la vallée de Galwan dans le Ladakh, où ont eu lieu les affrontements de la mi-juin.

L’Inde a dû « entreprendre des déploiements » en réponse à ceux de l’armée chinoise, a-t-il poursuivi.

PHOTO TAUSEEF MUSTAFA, AFP

Des soldats indiens au pied d’une chaîne de montagnes dans le territoire de Ladakh

Les responsables militaires et les diplomates des deux pays ont eu des discussions pour tenter de désamorcer les tensions.

La Chine a accusé les forces indiennes d’avoir été à l’origine des affrontements du 15 juin et d’avoir attaqué ses soldats.