(Pékin) La Chine a de nouveau accusé les États-Unis d’« ingérence flagrante » dans ses affaires intérieures au lendemain de la ratification par Donald Trump de la loi de financement militaire pour 2020 qui préconise le renforcement des liens militaires avec Taïwan et réaffirme le soutien de Washington au mouvement de contestation à Hong Kong.

Agence France-Presse

You Wenze, un porte-parole de la commission des affaires étrangères du Congrès national du peuple chinois, a déclaré à l’agence de presse officielle Chine nouvelle que la Loi d’autorisation de la défense militaire (NDAA) promulguée vendredi constituait une « ingérence flagrante » dans les affaires intérieures chinoises.

Les articles consacrés à Taïwan compromettent la paix et la stabilité dans le Detroit de Formose, a ajouté le porte-parole, affirmant que les tentatives de Washington de s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays en invoquant la démocratie et les droits de l’homme étaient vaines.

La loi de financement militaire consacrée au budget du département de la Défense « soutient le renforcement des capacités de défense et des capacités opérationnelles de Taïwan, développe les entraînements communs, les ventes d’armes à l’étranger et les relations entre militaires à un haut niveau ». Elle demande également au secrétaire américain de la Défense de procéder à une étude de l’influence exercée par Pékin à Taïwan dans « les domaines militaire, économique, de l’information, de la diplomatie et du web ».

Ces déclarations chinoises reprennent la même rhétorique que celle utilisée par le président Xi Jinping vendredi dans une conversation téléphonique avec son homologue Donald Trump. M. Xi, selon Chine nouvelle, a affirmé que les commentaires et les initiatives américaines concernant Taïwan, Hong Kong, le Xinjiang et le Tibet nuisaient aux relations entre Pékin et Washington.

Une semaine après l’annonce d’un accord de principe synonyme de trêve dans la guerre commerciale qui oppose leurs deux pays, le président américain a quant à lui dit avoir eu « une très bonne conversation avec le président chinois Xi concernant notre gigantesque accord commercial ».

Mais la politique chinoise est vivement critiquée au Congrès américain, y compris dans les rangs des Républicains, notamment ses tentatives de réprimer le mouvement en faveur de plus de démocratie à Hong Kong.

Les Démocrates comme les Républicains se montrent préoccupés par la répression dont fait l’objet la population musulmane ouïghoure, majoritaire dans le Xinjiang, une région du nord-ouest de la Chine.

La loi de financement militaire demande également un rapport sur le sort des Ouïghours.