(Pékin) Un quotidien chinois a fait vendredi une rare allusion à la répression de Tiananmen, sujet tabou dans le pays, pour expliquer qu’une éventuelle intervention armée à Hong Kong ne serait pas une répétition du carnage commis en juin 1989 à Pékin par les militaires.

Agence France-Presse

« Pékin n’a pas décidé d’intervenir par la force afin de mater les émeutes à Hong Kong, mais cette option est à l’évidence à sa disposition », écrit dans un éditorial le quotidien de langue anglaise Global Times.

Mais même si le régime communiste décidait d’envoyer l’armée contre les manifestants, « l’incident à Hong Kong ne sera pas une répétition de l’incident politique du 4 juin en 1989 », poursuit le quotidien au ton volontiers nationaliste.

Aucun bilan officiel n’a été fourni pour la répression sanglante de Tiananmen, mais les experts évoquent généralement entre plusieurs centaines et plus d’un millier de morts.

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Les experts évoquent généralement entre plusieurs centaines et plus d’un millier de morts liés à la répression sanglante de Tiananmen.

Le journal ne semble toutefois pas se prononcer sur l’éventuelle méthode employée pour réprimer deux mois d’agitation à Hong Kong en faveur de la démocratie, mais plutôt sur les conséquences diplomatiques à long terme qu’une intervention militaire entraînerait pour Pékin.  

« Washington ne sera pas en mesure d’intimider la Chine en se servant des troubles d’il y a 30 ans. La Chine est beaucoup plus forte et plus mûre et sa capacité à gérer des situations complexes s’est grandement accrue », ajoute le journal, qui émane du Quotidien du peuple, l’organe du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir.

Après le bain de sang de la place Tiananmen, qui avait été occupée par des manifestants réclamant la démocratie, la Chine s’était trouvée au ban des nations et son économie avait subi une quasi-stagnation pendant deux ans.

Plusieurs experts estiment que l’importance de la place financière de Hong Kong pourrait dissuader Pékin de faire donner la troupe dans le territoire autonome.  

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, John Bolton, a lui aussi évoqué la répression de 1989.

« Les Chinois doivent faire très attention aux mesures qu’ils prennent, parce que les Américains se souviennent de la place Tiananmen », a-t-il déclaré dans un entretien à Voice of America diffusé jeudi. « Ce serait une grosse erreur de créer de nouveaux souvenirs comme ceux-là à Hong Kong. »