L'ONU se penche sur l'abus des droits humains aux Philippines

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les meurtres nocturnes commis par les policiers philippins et des tireurs masqués sont condamnés à l'international.  

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Agence France-Presse
Genève

Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a adopté jeudi une résolution demandant à l'ONU un «rapport complet» sur la situation des droits humains aux Philippines, en particulier dans le cadre de la campagne contre la drogue.

Le président philippin Rodrigo Duterte a qualifié la résolution de «folie». «Nous n'accepterons pas une résolution politiquement partisane [...] et si détachée de la vérité sur le terrain», a tweeté pour sa part le ministre philippin des Affaires étrangères Teodoro Locsin.

La résolution, défendue par l'Islande avec le soutien des pays de l'Union européenne, du Canada et de la Nouvelle-Zélande, a été adoptée avec 18 voix pour, 14 contre et 15 abstentions.

L'ambassadeur philippin auprès de l'ONU à Genève, Evan Garcia, a déclaré que la résolution, qu'il a jugée basée sur de «fausses accusations», «nous a engagés dans une voie dangereuse où on va mettre à l'écart le dialogue».

Le texte adopté souligne que «depuis l'annonce de la campagne contre la drogue aux Philippines au milieu de 2016, il y a eu des allégations faisant état du meurtre de milliers de trafiquants et de consommateurs présumés de drogues».

Rodrigo Duterte tient un fusil d'assaut lors d'une... (AP) - image 2.0

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Rodrigo Duterte tient un fusil d'assaut lors d'une cérémonie policière en avril 2018.

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La répression, qui remporte un franc succès auprès de nombreux Philippins, constitue la politique phare du chef de l'État, mais les meurtres nocturnes commis par les policiers philippins et des tireurs masqués sont condamnés à l'international.  

Selon le gouvernement, 5300 personnes ont été tuées par les policiers mais les défenseurs des droits estiment qu'il faut multiplier ce chiffre par quatre.

La résolution demande à la Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, d'établir pour l'an prochain «un rapport écrit complet sur la situation des droits de l'Homme aux Philippines».

Il exhorte par ailleurs le gouvernement philippin «à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher les exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées, à mener des enquêtes impartiales et à traduire en justice les responsables».

Il demande aussi au gouvernement de «coopérer» avec le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme, en facilitant les visites d'experts en droits de l'Homme de l'ONU et «en faisant cesser tous les actes d'intimidation ou de représailles».

Les relations entre les Philippines et l'ancien Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad al Hussein, ont été très tendues, le président philippin l'ayant qualifié d'«idiot» et de «fils de pute».

Début juin, des experts indépendants des Nations unies avaient appelé le Conseil à ouvrir une enquête sur les graves violations des droits humains aux Philippines. Amnistie Internationale avait également réclamé à l'ONU une enquête sur les meurtres «systématiques».

L'ONG s'est malgré tout félicitée de l'adoption de la résolution. Tout comme l'ONG Human Rights Watch, qui a qualifié la résolution de «mesure modeste mais vitale».




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