(Pékin) Plus de 100 000 figurants, une marée de drapeaux rouges et des chars de carnaval pour dépeindre « l’ascension de la Chine » : Pékin a célébré mardi les 70 ans du régime communiste avec un gigantesque défilé tout à la gloire du président Xi Jinping. Arrêt sur images.

Sébastien RICCI Agence France-Presse

70 coups de canon

Le coup d’envoi des célébrations est donné par 70 coups de canon tirés depuis l’immense place Tiananmen, au cœur de Pékin, là même où Mao Tsé-toung proclama la République populaire le 1er octobre 1949.

L’hymne national est entonné par plusieurs dizaines de milliers de soldats et civils devant d’immenses caractères jaunes proclamant « fête nationale 1949-2019 ».

L’accès au défilé est très étroitement contrôlé et l’hypercentre de la capitale chinoise entièrement bouclé. Pas question pour le Pékinois moyen de se rendre sur place sans invitation et papiers d’identité.

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Xi Jinping, Hu Jintao et Jiang Zemin

Trois générations

Installé au balcon de la porte Tiananmen, qui donne accès à l’ancien palais impérial, le président Xi Jinping, en costume Mao, est accompagné des plus hauts dirigeants du pays, ainsi que de ses deux prédécesseurs encore en vie : le peu charismatique Hu Jintao, cheveux grisonnants, qui a dirigé la Chine de 2003 à 2013, et l’influent Jiang Zemin, au pouvoir avant lui.

L’ex-président Jiang, 93 ans, apparaît très affaibli, le visage blême sous d’épaisses lunettes noires et soutenu par un garde du corps.  

Xi Jinping prononce un discours présenté comme « important » par les médias officiels, mais qui ne dure que sept minutes.

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Un gigantesque défilé militaire a eu lieu mardi, le plus grand jamais organisé dans le pays selon la presse officielle.

«Merci pour votre travail»

Avant un gigantesque défilé militaire - le plus grand jamais organisé dans le pays selon la presse officielle - Xi Jinping passe les troupes en revue le long de l’immense avenue de la Paix éternelle qui traverse Pékin d’est en ouest.  

« Merci pour votre travail », leur lance le président debout dans une limousine noire rétro de marque « Drapeau rouge ».

« Nous sommes au service du peuple », répondent en chœur les 15 000 soldats et officiers présents avant de défiler sous la tribune officielle en présentant les armements dernier cri de l’armée chinoise : missiles, drones et bombardiers.

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Un portrait du dirigeant chinois Xi Jinping

Xi se salue lui-même

Après le défilé militaire, la parade civile.

Des milliers de figurants entourent quatre chars transportant d’immenses portraits des quatre précédents dirigeants de la République populaire : Mao Tsé-toung, Deng Xiaoping, Jiang Zemin et Hu Jintao.  

Venant en dernier, Xi Jinping a également droit à son char et à son portrait géant – une première. Depuis la tribune, le dirigeant - toujours impassible - se « salue » lui-même à son passage.  

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Cent mille figurants surexcités, agitant d’innombrables fanions et drapeaux rouges, ont pris part au défilé civil.

Fête « populaire »

TGV chinois dernière génération,  anneaux olympiques en référence aux Jeux de Pékin de 2008, mais aussi faucille et marteau : 70 chars de carnaval défilent en musique pour retracer les accomplissements du régime.

Au programme, différents tableaux dépeignant « l’ascension de la Chine », jadis « humble » et aujourd’hui devenue « riche et puissante », selon la présentation officielle.

Cent mille figurants surexcités, agitant d’innombrables fanions et drapeaux rouges, composent ce défilé civil. Des participants soigneusement triés sur le volet et qui ont répété l’exercice depuis des mois, allant jusqu’à porter… des couches, toute pause pipi étant interdite.

Chaque province a droit à son char, y compris Taïwan, l’île de facto indépendante, mais que la Chine considère comme une de ses provinces et menace de récupérer par la force.  

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Colombes et ballons

Clin d’œil aux 70 ans du régime, 70 000 colombes et 70 000 ballons sont lâchés à la fin du défilé.  

Seul couac à la chorégraphie : un ciel voilé par la pollution, alors que la Chine a pour habitude d’assurer un ciel bleu azur lors des grandes manifestations politiques, en stoppant temporairement usines et chantiers.  Mais la météo a fait des siennes en maintenant la pollution au sol.