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Les talibans pakistanais confirment la mort de leur numéro 2

Considéré comme le numéro 2 du TTP, Wali ur-Rehman... (PHOTO NASEER AZAM, ARCHIVES AFP)

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Considéré comme le numéro 2 du TTP, Wali ur-Rehman a été tué hier par l'attaque d'un drone américain dans le nord-ouest du Pakistan.

PHOTO NASEER AZAM, ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
Miranshah, Pakistan

Le Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), principal groupe rebelle du pays, a confirmé jeudi à l'AFP la mort de Wali ur-Rehman, son numéro deux et l'un de ses plus influents commandants, tué mercredi par un tir de drone américain dans le nord-ouest.

L'information avait été annoncée mercredi, mais de manière officieuse, par des sources pakistanaises concordantes. Le TTP n'avait avant ce soir pas fait de commentaire. Ni Washington, ni Islamabad n'ont officiellement confirmé l'information.

«Le mollah Wali ur-Rehman a été tué hier» dans un tir de drone, a déclaré à l'AFP le porte-parole du TTP, Ehsanullah Ehsan, confirmant également que six de ses combattants avaient été tués dans cette attaque menée dans le Waziristan du Nord, une zone tribale du nord-ouest du Pakistan, frontalière de l'Afghanistan.

«Le mollah Wali ur-Rehman a été tué hier, et nous sommes fiers de son sacrifice. Nous remplirons sa mission et annonçons la rupture du dialogue entamé avec le gouvernement du Pakistan car ce dernier est tout aussi responsable de cette attaque de drone», a ajouté le porte-parole du TTP.

Les talibans avaient annoncé en décembre dernier être prêts à négocier la paix avec le gouvernement, sans toutefois accepter de désarmer comme ce dernier le leur demande. Aucune négociation de paix formelle n'a depuis eu lieu.

Un revers pour la paix?

La mort de Rehman est un sérieux revers pour la rébellion dont il était une pièce maîtresse, mais aussi pour un éventuel processus de paix qu'il était l'un des seuls à pouvoir mener pour son camp, soulignent les analystes.

Les États-Unis avaient mis sa tête à prix, offrant 5 millions de dollars en échange d'informations pouvant mener à la capture de celui qui est accusé d'avoir facilité la circulation transfrontalière des rebelles talibans qui combattent les forces occidentales menées par les Américains en Afghanistan.

L'ensemble des analystes pakistanais interrogés jeudi par l'AFP soulignent que Wali ur-Rehman, environ 42 ans, était une pièce maîtresse du TTP, depuis sa fondation en 2007 par Baitullah Mehsud, tué lui aussi par un tir de drone en 2009 et remplacé depuis au poste de n° 1 par Hakimullah Mehsud.

Au sein d'un TTP qui abrite nombre de factions tribales parfois concurrentes, Wali ur-Rehman était le seul leader à inspirer autant de respect depuis Baitullah Mehsud, souligne Saifullah Khan Mehsud, spécialiste des zones tribales.

«Sa mort est un coup de massue pour le TTP, qui a perdu sa principale personnalité politique, un homme respecté à tous les niveaux. Cela va être très dur de le remplacer», faute de leaders d'envergure restants, estime M. Mehsud.

Membre de la tribu des Mehsud qui domine le TTP,  Wali ur-Rehman a reçu une solide formation religieuse avant de prendre les armes, contrairement à Baitullah ou Hakimullah Mehsud, considérés d'abord comme des combattants.

Il a également milité dans sa jeunesse pour le parti religieux du Jamiat Ulema-e-Islam Fazl (JUIF), intégré dans le jeu politique classique, mais également historiquement proche des talibans.

Sa mort intervient alors que le prochain premier ministre Nawaz Sharif n'a pas écarté la possibilité de pourparlers de paix avec le TTP pour mettre fin à la vague d'attentats rebelles qui ensanglantent le pays depuis 2007.

Et dans ce cadre, Wali ur-Rehman apparaissait comme un interlocuteur très utile, voire incontournable, souligne Rahimullah Yousufzai, journaliste spécialiste des mouvements rebelles du nord-ouest.

«Il était considéré comme très politique, croyant aux négociations, et il était proche du JUIF. Dans le cadre d'éventuelles négociations de paix, son élimination marque un recul», estime-t-il.

En comparaison, les négociations s'annoncent bien plus compliquées avec le chef du TTP Hakimullah Mehsud, réputé impétueux et radical et plus enclin à frapper le Pakistan que Wali ur-Rehman, en partie absorbé par le conflit afghan.

«Au vu des crimes reprochés à Hakimullah, cela va être très très difficile de convaincre le gouvernement pakistanais de parler avec lui», selon M. Yousufzaï.

Il y a de toute façon encore loin de la coupe aux lèvres sur ce point.

Nawaz Sharif a ainsi posé comme préalable à toute discussion l'acceptation par le TTP de la constitution et du système gouvernemental, condition rejetée par les rebelles. Et tout processus de ce type nécessite l'approbation de la toujours puissante armée, dont le chef, le général Ashfaq Pervez Kayani, a clairement dit le mois dernier qu'il ne se ferait pas dicter ses conditions par les rebelles et qu'ils devaient se plier à la constitution.

Pour Rahimullah Yousufzai, la mort de Wali ur-Rehman risque même d'éloigner encore plus le TTP de la paix. «Les talibans ne peuvent se venger directement contre les Américains. Mais ils vont sans doute redoubler leurs attaques contre les forces pakistanaises, qu'ils jugent complices des tirs de drones américains».

Mouvement des talibans du Pakistan (TTP), principal groupe islamiste rebelle en guerre ouverte contre le gouvernement d'Islamabad qu'il juge inféodé à l'Occident.




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