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Pakistan: le procureur enquêtant sur le meurtre de Benazir Bhutto abattu

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Le fils du procureur Chaudhry Zulfiqar pleure dans les bras d'un proche, alors qu'il vient d'arriver sur les lieux du drame, à Islamabad, le 3 mai.

PHOTO FAISAL MAHMOOD, REUTERS

Nasir JAFFRY
Agence France-Presse
Islamabad

Un procureur pakistanais chargé d'enquêter sur les affaires sensibles du meurtre de l'ex-premier ministre Benazir Bhutto et des attentats de Bombay en 2008 a été abattu par des inconnus vendredi à Islamabad alors qu'il sortait de chez lui pour se rendre au tribunal.

Chaudhry Zulfiqar a été criblé de balles par des tueurs à moto dans une rue très fréquentée de son quartier, une zone résidentielle de classe moyenne de la capitale. Son garde du corps a été blessé, et une passante tuée après avoir été percutée par sa voiture, selon la police. Les assaillants se sont enfuis.

Selon les médecins, le procureur a succombé à ses blessures avant d'arriver à l'hôpital public PIMS d'Islamabad.

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La Toyota Corolla du procureur, dont le pare-brise avait éclaté, était criblée d'impacts de balles devant et sur les deux côtés. Les environs étaient couverts de débris de verre et de sang, tout comme les sièges.

PHOTO B.K. BANGASH, AP

Cet assassinat intervient à huit jours d'élections générales considérées comme historiques, car le gouvernement civil vient de terminer une législature complète de cinq ans, une première dans ce pays abonné aux coups d'État militaires. La campagne a toutefois été marquée par de multiples attaques contre des candidats.

La sécurité avait été renforcée l'an dernier autour du procureur Zulfiqar après que son nom eut été mentionné dans des menaces adressées aux policiers enquêtant sur le meurtre, jamais élucidé à ce jour, de Benazir Bhutto fin 2007.

La source des menaces n'a pas été identifiée, mais un des enquêteurs a indiqué avoir reçu des menaces lui intimant de ne pas se présenter au tribunal sur convocation du procureur par un homme utilisant un numéro depuis l'Afghanistan voisin, repaire notamment des islamistes talibans.

Le président Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto, a condamné cet assassinat et ordonné une enquête approfondie «pour trouver les vrais coupables».

Un homme travaillant dans le quartier, Abdul Mateen, a raconté à l'AFP avoir entendu une série de coups de feu. «Lorsque je suis arrivé, j'ai vu une voiture en mouvement incontrôlé qui a fini dans le bas-côté», a-t-il expliqué.

«L'homme qui était au volant saignait abondamment, criblé de balles dans la tête, l'épaule et le dos. Les gens se sont précipités sur place, l'ont mis dans un taxi et emmené à l'hôpital». La Toyota Corolla du procureur, dont le pare-brise avait éclaté, était criblée d'impacts de balles devant et sur les deux côtés. Les environs étaient couverts de débris de verre et de sang, tout comme les sièges.

Le garde blessé était lui hors de danger, selon un porte-parole de l'hôpital PIMS.

Le procureur Chaudhry Zulfiqar a été assassiné près de... (PHOTO FAROOQ NAEEM, ARCHIVES AFP) - image 3.0

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Le procureur Chaudhry Zulfiqar a été assassiné près de sa résidence d'Islamabad, hier.

PHOTO FAROOQ NAEEM, ARCHIVES AFP

Chaudhry Zulfiqar a été tué alors qu'il se rendait à une audience consacrée au meurtre de Mme Bhutto dans la commune voisine de Rawalpindi.

Mme Bhutto avait été tuée en décembre 2007 dans un attentat-suicide doublé d'une attaque à l'arme légère alors qu'elle participait à une réunion de campagne dans cette même ville de Rawalpindi.

Ce dossier est revenu sur le devant de la scène récemment avec le retour d'exil de l'ex-président Musharraf, accusé de n'avoir pas suffisamment protégé Mme Bhutto alors qu'il était au pouvoir, et assigné depuis à résidence chez lui.

Personne n'a à ce jour été condamné pour le meurtre de Mme Bhutto. Le gouvernement de M. Musharraf avait à l'époque accusé Baitullah Mehsud, le chef des rebelles talibans pakistanais, tué depuis dans un tir de drone en 2009.

Mais ce dernier, qui était prompt à revendiquer les attentats-suicides de ses troupes, spécialistes en la matière dans la région, avait nié toute implication.

Le fils de Mme Bhutto et de M. Zardari, Bilawal Bhutto Zardari avait de son côté accusé M. Musharraf d'avoir fait tuer sa mère.

Chaudhry Zulfiqar était également le principal procureur gouvernemental qui avait inculpé en 2009 sept hommes accusés d'avoir organisé les sanglants attentats qui ont tué 166 personnes à Bombay, dans l'Inde rivale voisine.

New Delhi a notamment accusé le groupe islamiste pakistanais du Lashkar-e-Taiba (LeT) de les avoir échafaudés avec l'aide de «services» étatiques pakistanais. Après avoir inculpé les sept suspects, Islamabad avait indiqué avoir besoin de trouver davantage de preuves en Inde pour avancer dans la procédure.




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