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Bangkok: au moins 2 morts, une centaine de blessés

Des soldats thaïlandais, armés de fusils automatiques, ont fait battre en... (Photo AFP)

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Anusak Kongland
Agence France-Presse
Bangkok

Des soldats thaïlandais, armés de fusils automatiques, ont fait battre en retraite des manifestants lundi à Bangkok, les acculant près du siège du gouvernement, au terme d'une journée de violence et d'anarchie qui a fait au moins 2 morts et une centaine de blessés.

Deux hommes de 19 et 54 ans ont été tués par balles et plusieurs autres blessés au cours d'une rixe entre manifestants et résidents du voisinage, selon des sources hospitalières.

Les violences, qui avaient éclaté à l'aube autour d'un grand carrefour de Bangkok, ont fait par ailleurs au moins 101 blessés, selon un bilan annoncé par le principal service de secours avant l'incident qui a fait deux morts.

Toute la journée, les manifestants ont érigé des barricades et se sont battus contre l'armée à coups de cocktails molotov et de pavés dans plusieurs quartiers de la capitale, incendiant de nombreux autobus, ainsi qu'un bâtiment du ministère de l'Education, selon des journalistes de l'AFP.

Les militaires ont répliqué par des rafales de sommation à l'arme automatique et en utilisant des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

Des manifestants ont notamment foncé à bord d'un autobus sur des militaires, qui ont riposté par un tir nourri. L'autobus a arraché un arbre et a terminé sa course sur le trottoir, selon un journaliste de l'AFP.

Les chaînes de télévision ont montré des images de soldats tirant sur la foule, mais le colonel Sunsern Kaewkumnerd, porte-parole de l'armée, a assuré qu'il s'agissait dans ce cas de balles à blanc, et non de balles réelles.

Les violences ont épargné jusqu'ici la manifestation principale, devant le siège du gouvernement, où quelque 4.000 «chemises rouges» -surnom des partisans de l'ex Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra- restaient massées dans la soirée, selon un officier.

Des centaines de soldats ont pris position sur une place située à proximité des bureaux du Premier ministre. Selon le même porte-parole de l'armée, les militaires cherchaient à faire converger en ce seul et même endroit tous les protestataires éparpillés dans Bangkok, et à les encercler.

Le but des militaires est «de faire en sorte que l'objectif principal devienne la manifestation près du siège du gouvernement. Nous leur demanderons de se disperser», a expliqué sur CNN le Premier ministre Abhisit Vejjajiva.

M. Abhisit avait décrété dimanche l'état d'urgence à Bangkok face aux manifestations des «chemises rouges» qui depuis des semaines réclament sa démission et des élections anticipées.

Samedi, un sommet asiatique avait été annulé à Pattaya, les opposants ayant pris d'assaut l'hôtel où il se déroulait. L'arrestation, dimanche, du leader des protestataires de Pattaya a aggravé la situation.

Contrairement à ce qu'elle avait fait lors des manifestations d'opposants royalistes qui avaient précipité fin 2008 la chute d'un gouvernement pro-Thaksin, l'armée n'est cette fois pas restée passive face aux protestataires.

Les autorités ont renforcé la sécurité dans les ports, aéroports et autres infrastructures majeures, a annoncé le porte-parole du gouvernement.

De nombreux pays étrangers ont conseillé à leurs ressortissants d'éviter Bangkok ou de rester dans leurs hôtels. Le Japon a déconseillé aux siens le port de chemises rouges ou jaunes afin de ne pas être confondus avec l'une ou l'autre des factions. L'Union européenne a exprimé sa «grande préoccupation».

Dans des déclarations à CNN, M. Thaksin a accusé les autorités de mentir à propos des victimes. «De nombreuses personnes sont mortes», a-t-il affirmé.

M. Thaksin, 59 ans, ancien homme fort de la Thaïlande renversé par des généraux royalistes en 2006, s'est enfui à l'étranger pour échapper à une condamnation pour corruption. Homme d'affaires controversé, il reste toutefois populaire, en particulier dans les régions rurales du nord.

Abhisit Vejjajiva, 44 ans, est devenu Premier ministre le 15 décembre à la faveur d'un renversement d'alliance parlementaire, après des manifestations royalistes qui avaient précipité la chute d'un gouvernement pro-Thaksin.




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