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Khmers rouges: les aveux arrachés sous la torture ne reflétaient pas la vérité

«Douch», ex-tortionnaire en chef du régime des Khmers... (Photo: AFP)

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«Douch», ex-tortionnaire en chef du régime des Khmers rouges

Photo: AFP

Agence France-Presse
Phnom Penh

»Douch», l'ex-tortionnaire en chef du régime des Khmers rouges (1975-1979), a raconté mardi son passé macabre, précisant devant le tribunal chargé de le juger que les aveux arrachés sous la torture reflétaient rarement la vérité.

La semaine dernière, «Douch», 66 ans, dont le vrai nom est Kaing Guek Eav, avait admis sa responsabilité dans des crimes commis à la prison de Tuol Sleng (S-21) et avait demandé pardon aux survivants de la dictature communiste de Pol Pot.

«Je n'ai jamais cru que les aveux que je recevais reflétaient la vérité. Au mieux, ils étaient vrais à 40%», a-t-il dit mardi.

«Douch», assis dans le box des accusés, a répondu aux questions des juges sur un autre centre de détention, appelé M-13, qu'il avait dirigé dans la jungle de 1971 à 1975 avant l'accession au pouvoir des Khmers rouges.

Il a admis avoir torturé personnellement deux personnes, tout en précisant qu'il ordonnait régulièrement à ses hommes de frapper des prisonniers destinés ensuite à être «écrasés», c'est-à-dire tués d'un coup de gourdin derrière la tête.

«Le fardeau est encore sur moi, c'est ma responsabilité. Je voudrais présenter mes excuses aux âmes de ceux qui sont morts», a dit l'accusé, ancien professeur de mathématiques qui s'est converti au christianisme en 1996, trois ans avant son arrestation.

Transféré en 2007 au tribunal parrainé par les Nations unies et qui le juge depuis le 17 février à Phnom Penh, «Douch» est poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité, torture et meurtre avec préméditation.

Il risque la prison à perpétuité, la Cour ayant exclu la peine de mort.

Les audiences depuis lundi portent sur les activités du centre M-13 qui, selon des juges, devraient permettre de mieux comprendre l'organisation de la prison S-21, la personnalité de l'accusé et ses liens avec la direction du «Kampuchéa démocratique».

Lundi, «Douch» a affirmé qu'il détestait interroger des espions présumés au centre M-13, mais qu'il redoutait que ses supérieurs se retournent contre lui s'il n'obéissait pas aux ordres.

Mardi, il a expliqué qu'il n'avait pas obéi à des ordres qui lui étaient donnés de torturer l'ethnologue français François Bizot qui a raconté sa détention en 1971 à M-13 dans son livre à succès, Le portail.

«J'ai seulement informé mon patron Vorn Vet que ces gens (Bizot et deux assistants cambodgiens) n'étaient pas des agents de la CIA et qu'ils étaient réellement des chercheurs», a dit l'accusé.

«Mon patron m'a ri au nez (...) Il a dit que j'avais peur des agents de la CIA et m'a demandé de les interroger».

Plusieurs mois plus tard, les Khmers rouges ont décidé de libérer Bizot, a précisé «Douch», faisant de l'ethnologue français un des dix détenus ayant survécu à M-13.

François Bizot doit comparaître comme témoin au procès de «Douch».




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