(Managua) L’ancien vice-ministre des Affaires étrangères du Nicaragua Víctor Hugo Tinoco, emprisonné avec plusieurs opposants au gouvernement de Daniel Ortega, a été placé en résidence surveillée en raison de problèmes de santé, a rapporté mardi une organisation de défense des droits de la personne.  

Publié le 17 mai
Agence France-Presse

M. Tinoco, 69 ans, « est chez lui avec quelques membres de sa famille, tous au secret », a déclaré l’ONG Centre nicaraguayen des droits de l’homme (Cenidh), qui documente les procédures judiciaires des opposants.  

« Les autorités doivent clarifier son état de santé, qui a suscité l’inquiétude après qu’il a été signalé que sa vie était gravement menacée dans (la prison d’) El Chipote », a exigé le Cenidh sur les réseaux sociaux.  

Six autres prisonniers de l’opposition, âgés et en mauvaise santé, ont également été assignés à résidence.  

Ancien compagnon d’armes d’Ortega pendant la lutte contre la dictature de Somoza, l’ex-diplomate a été arrêté en juin et condamné à 13 ans de prison pour atteinte à l’intégrité nationale.  

M. Tinoco s’est dissocié d’Ortega il y a deux décennies en raison de divergences au sein du Front sandiniste de libération nationale (FSLN).  

Comme lui, plus de 40 opposants, dont sept candidats à la présidence, ont été arrêtés en 2021 et condamnés à des peines allant de huit à treize ans d’emprisonnement.  

Le gouvernement les accuse de comploter pour renverser le président, avec le soutien de Washington.

Daniel Ortega, un ancien guérillero au pouvoir depuis 2007, a remporté en novembre un quatrième mandat consécutif.  

En mars, Cristian Tinoco, fille de l’ex-diplomate, a prévenu que l’état de santé de son père était « grave », avec des troubles du rythme cardiaque, de l’hypertension et une baisse des globules blancs dénotant des défenses immunitaires « anormalement faibles ».

Elle a dénoncé la situation médicale de son père après que l’ancien guérillero Hugo Torres soit décédé à l’hôpital le 12 février après huit mois de prison.  

Malgré les tensions avec les États-Unis, des responsables de l’administration de Joe Biden ont reconnu qu’il existe « une série de communications bilatérales » avec Managua pour faire pression en faveur de la libération des opposants.