(San Salvador) L’ex-président salvadorien Mauricio Funes, déjà condamné pour corruption, mais réfugié au Nicaragua, a été accusé mercredi d’avoir reçu un avion d’une entreprise guatémaltèque en échange de l’adjudication de deux marchés de travaux publics.

Publié le 2 février
Agence France-Presse

« Le Parquet général de la République a présenté un acte d’accusation contre l’ex-président Mauricio Funes pour le délit de blanchiment d’argent et de capitaux », a indiqué une magistrate du parquet, qui a demandé à rester anonyme.

L’ancien chef de l’État est accusé, avec un haut fonctionnaire actuellement incarcéré pour une autre affaire de corruption, d’avoir « négocié illégalement » l’adjudication à l’entreprise guatémaltèque Servicios Calificados de la Construcción S. A. de deux marchés de travaux de voirie alors que l’entreprise « ne disposait pas des capacités » pour honorer ces contrats, selon le Parquet général salvadorien.

En échange, l’entreprise guatémaltèque a fait don « d’un avion (un Beechcraft King Air) », a précisé la source judiciaire, sans révéler le montant des marchés ainsi négociés.

L’avion était loué par le président à des tiers, et lui servait également pour des voyages privés avec sa famille, selon la magistrate.

Mauricio Funes a trouvé refuge au Nicaragua après avoir été accusé notamment d’avoir détourné 351 millions de dollars lorsqu’il était au pouvoir, de 2009 à 2014. Il a obtenu la nationalité nicaraguayenne, ce qui le met à l’abri de toute extradition.

Deux autres anciens présidents salvadoriens sont poursuivis dans des affaires de corruption.

L’ex-président Elias Antonio Saca (2004-2009) est incarcéré depuis 2016 et a été condamné en 2018 à dix ans de prison pour blanchiment d’argent et autres faits de corruption pour un montant total de 301 millions de dollars.

L’ancien président Salvador Sanchez Ceren (2014-2019) est, lui, poursuivi pour détournement de 350 millions de dollars. Comme M. Funes, il a fui au Nicaragua, qui lui a aussi accordé la nationalité.