(Caracas) Les opposants vénézuéliens qui voulaient organiser un référendum révocatoire contre le président Nicolas Maduro ont annoncé samedi renoncer à recueillir les signatures nécessaires, jugeant « irréalisable(s) » les conditions imposées par le Conseil national électoral (CNE).  

Publié le 22 janvier
Agence France-Presse

Vendredi, le CNE avait annoncé qu’il avait autorisé l’ouverture pendant 12 h mercredi de 1200 centres de recueil de signatures, la barre de 4,2 millions de signatures devant être dépassée pour impulser le référendum (20 % des 20,9 millions électeurs inscrits dans ce pays de 30 millions d’habitants).

« Nous considérons qu’il est vraiment inutile de perdre du temps à faire la queue […]. Nous ne pouvons pas agir de manière imprudente et irresponsable et lancer les gens dans des queues qui ne produiront pas le résultat escompté : la convocation du référendum », a déclaré samedi un des leaders de l’opposition César Perez Vivas, membre du Mouvement vénézuélien pour la révocation (Mover).  

Le Mover (jeu de mot avec bouger, NDLR) est composé d’une demi-douzaine de petites organisations politiques.  

« Nous n’abandonnons pas […] et nous allons recourir à toutes les instances nationales et internationales » pour organiser le référendum révocatoire, a ajouté Nicmer Evans, autre membre du Mover.

« Cinq électeurs devraient être traités par minute, pendant 12 heures, dans toutes les machines du pays, sans marge d’erreur […] C’est irréalisable », avait estimé la veille Roberto Picon, un des deux recteurs de l’opposition au sein du CNE, qui n’avait pas approuvé les conditions imposées pour réunir les signatures édictées par le Conseil.  

L’opposition vénézuélienne a déjà tenté sans succès en 2016 de réclamer un référendum révocatoire contre le premier mandat de Nicolas Maduro (2013-2019).

Il avait été réélu en 2018 lors d’un scrutin qualifié de « fraude » par ses opposants et rejeté par les États-Unis, l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine. L’opposant Juan Guaidó s’était autoproclamé président intérimaire du pays, mais il n’a pas réussi à évincer Maduro du pouvoir.  

Les prochaines élections présidentielles sont prévues en 2024.