(Managua) Le Nicaragua a retiré lundi leurs autorisations de fonctionner à six organisations non-gouvernementales étrangères, dont Oxfam, après des sanctions américaines et européennes contre des responsables du gouvernement de Daniel Ortega.

Agence France-Presse

Les ONG américaines National Democratic Institute For International Affairs (NDI), International Republican Institute (IRI) et Helping Hands The Warren William Pagel M. B. Foundation, ainsi que les européennes Oxfam Itermon (Espagne), Oxfam Ibis (Danemark) et Diakonia (Suède) devront liquider tous leurs biens au Nicaragua sous peine de se les voir confisquer par l’État, selon une décision publiée lundi dans la Gazette officielle.

Le ministère de l’Intérieur accuse ces organisations de faire obstacle « au contrôle et à la surveillance » de leurs comptes et de l’origine et des bénéficiaires des dons qu’elles gèrent.

Présentes depuis plusieurs années au Nicaragua, ces ONG mènent des programmes de santé, d’éducation, d’agriculture, de lutte contre la pauvreté, de défense des droits humains et de protection de l’environnement.  

Cette mesure intervient alors que les États-Unis et l’Union européenne font monter la pression sur le gouvernement nicaraguayen, notamment en gelant les visas de proches du président Ortega, pour protester contre la répression qu’il mène contre ses opposants depuis les manifestations antigouvernementales en 2018.

Daniel Ortega, 75 ans, brigue un quatrième mandat consécutif à la présidentielle du 7 novembre. Il est accusé de chercher à se débarrasser de tous ses rivaux à l’approche du scrutin, une trentaine de figures de l’opposition, dont sept candidats potentiels à la présidentielle, ayant été arrêtés depuis juin.